Jeunes gabonais morts à l’étranger : l’urgence de protéger notre jeunesse et de repenser de façon stratégique notre système éducatif. Par Jean-Arséne HOULA-HOULA 

Chaque année, des jeunes Gabonais qui ont une vision de leur avenir quittent le pays pour poursuivre leurs études à l’étranger. Et pourtant, beaucoup ne reviennent jamais. Des noms se gravent dans la mémoire collective : Jeannah Danys Dinabongho Ibouanga (18 ans, Turquie), François Ndjelassili (Russie), Mathieu Rashid Moubamba Mouity et Evrard Mapola Nzinga (France), Morry Josué (Maroc). Et des dizaines d’autres : Rinaldi Moubamba, Ulrich Manfoumbi, Trésor Nzamba, Prince Junior Ndziessi, Brice Ondo, Alain Nguema, Kevin Ndzié. *Chaque nom est une alerte, chaque décès un rappel cruel de l’inaction de l’État.*

Les parents, eux, font face à un *double fardeau* : des dépenses colossales pour offrir une éducation à l’étranger, et l’impuissance face à un gouvernement silencieux lorsque la tragédie frappe. Cette indifférence institutionnelle envoie un message terrible : vos enfants ne comptent pas pour nous. L’État gabonais, par son inertie, transmet un signal d’impuissance à toute une génération.

Pendant ce temps, des nations ambitieuses ont compris que l’éducation est une arme de souveraineté. Le Maroc modernise ses universités et attire des étudiants africains. Le Rwanda digitalise ses institutions et crée des hubs d’innovation. Les Émirats arabes unis importent les campus des meilleures universités mondiales sur leur sol, offrant sécurité, infrastructure et attractivité. Ces pays montrent une leçon simple mais cruciale : rapatrier l’excellence sur son territoire est un levier stratégique de développement.

Le Gabon ne peut plus se contenter d’envoyer ses enfants à l’étranger en espérant qu’ils reviennent. Il doit bâtir un réseau complet et intégré d’universités et de centres de formation, couvrant toutes les disciplines et toutes les régions, qui s’appuie sur les richesses nationales, palpables et impalpables. Ces institutions ne doivent pas se limiter à copier des modèles étrangers ; elles doivent être ancrées dans la réalité gabonaise, en valorisant à la fois les ressources naturelles — pétrole, minerais, terres agricoles, forêts, biodiversité, énergie — et le patrimoine immatériel — culture, histoire, créativité, savoir-faire ancestral et capital humain.

C’est sur cette combinaison unique que peut se construire l’ossature de l’excellence nationale : des universités capables de former des talents locaux, de retenir les meilleurs et de positionner le Gabon comme un acteur stratégique sur le plan académique et scientifique mondial. Chaque programme, chaque laboratoire, chaque centre de recherche doit être conçu pour transformer les richesses du Gabon en opportunités concrètes de développement et d’innovation, afin que la jeunesse gabonaise puisse apprendre, créer et rayonner sans mettre sa vie en danger à l’étranger.

Le Gabon que je veux et que nous voulons tous est un pays où l’État aura le souci de chacun de ses ressortissants, où qu’il soit, sur notre sol comme en dehors. Un pays où tout sera mis en œuvre pour la dignité de chaque Gabonais, où chaque effort sera conjugué pour que le Gabon reste digne d’envie et que chaque citoyen soit fier de son pays et de ses autorités.

Nous refusons de laisser qui que ce soit sur le bas-côté de la route. Nous refusons que le poids de l’éducation et de la mort repose sur les épaules des parents déjà brisés par la perte d’un enfant revenu dans un cercueil. Le Gabon moderne et d’excellence que nous voulons doit reposer sur l’ossature de ses richesses matérielles et immatérielles, profitant en priorité à ses enfants.

Chaque décès d’étudiant, de Jeannah à Kevin, *est une tragé die évitable*. Il ne s’agit pas seulement d’émotion : c’est une responsabilité nationale et politique. L’État doit mettre en place :

1. Un réseau national complet d’universités et de centres de recherche, alignés sur les richesses du pays et les standards internationaux.

2. Une cellule de protection des étudiants à l’étranger, avec suivi individuel, intervention rapide et assistance juridique et médicale.

3. Une obligation d’enquête diplomatique pour chaque décès, avec publication transparente des résultats et responsabilisation des institutions.

4. Une base de données officielle des étudiants et incidents, pour transformer le chaos en planification stratégique.

5. Le financement du retour et de la réintégration des talents, avec emplois qualifiés, opportunités de création et valorisation des compétences.

Chaque nom perdu est un appel direct à l’État : où étiez-vous lorsque nos enfants mouraient loin de leurs familles ? Pourquoi n’existe-t-il aucune protection fiable ? Quand cesserez-vous d’ignorer ces drames et de laisser la jeunesse gabonaise à la merci des aléas étrangers ?

Le Gabon possède tout pour devenir un centre d’excellence académique. La jeunesse formée sur place, exposée à ses richesses et aux opportunités locales, peut non seulement rester en sécurité, mais rayonner dans le monde entier. Chaque laboratoire, chaque programme, chaque campus construit sur le territoire devient un outil de souveraineté et de développement.

Vouloir gouverner, ce n’est pas seulement signer des décrets : c’est protéger, planifier, bâtir des institutions fortes, et défendre sa jeunesse. La jeunesse gabonaise ne doit plus être envoyée mourir à l’étranger. Elle doit apprendre, créer et innover sur son sol, contribuant directement au développement du pays et à son rayonnement international.

Il ne s’agit plus de débat, mais de responsabilité nationale. Chaque vie perdue est un échec moral et politique. Chaque décision, chaque investissement dans l’éducation et la protection des étudiants est un choix de souveraineté et d’avenir.

Le temps de l’inaction est révolu. Le Gabon doit se lever maintenant. Chaque nom compte. Chaque vie est précieuse. Chaque décision détermine l’avenir du pays.

Jean-Arséne HOULA-HOULA



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Paul Essonne

Journaliste

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