Le Gabon est un pays uni et indivisible, où les différentes ethnies cohabitent en parfaite intelligence. Pourtant, à chaque échéance électorale, certains acteurs politiques, en mal d’inspiration et en quête de popularité, ravivent artificiellement la question ethnique. Cette instrumentalisation pernicieuse du fait ethnique, souvent teintée de calculs politiciens, est une menace pour notre vivre-ensemble. Il est y donc impératif de déconstruire ce discours fallacieux et de rappeler les fondements historiques, géographiques, sociologiques et professionnels qui font du Gabon une nation solidaire et homogène.
Un peuple uni par l’histoire et la géographie
Le Gabon ne s’est pas construit sur des divisions, mais sur une trajectoire commune où chaque ethnie a contribué à l’édification de la nation. Nous partageons une même histoire, marquée par des luttes, des alliances et une volonté commune de bâtir un avenir harmonieux. Il n’y a pas deux Gabon, mais un seul, où chaque citoyen est avant tout Gabonais, avant d’être issu de telle ou telle communauté.
D’un point de vue géographique, nous partageons un même territoire, une même terre. Nos frontières ne sont pas des lignes de démarcation entre des ethnies opposées, mais plutôt des points de jonction entre des populations interconnectées par des siècles d’échanges et de solidarités. Il n’existe pas de région exclusivement réservée à une seule ethnie : chaque province est un microcosme du Gabon tout entier.
Le fait sociologique : le mariage, vecteur d’unité nationale
L’un des plus grands symboles de notre unité nationale est la diversité ethnique au sein des familles gabonaises. Par la magie du mariage, les liens de parenté transcendent les appartenances ethniques, donnant naissance à un véritable peuple « arc-en-ciel ». Dans ma propre famille, nous comptons plus de cinquante ethnies du pays, preuve éclatante que l’identité gabonaise dépasse les clivages ethniques artificiels.
Ce brassage culturel et généalogique favorise une intégration naturelle et spontanée, où chacun reconnaît en l’autre un frère ou une sœur, bien au-delà des différences d’origine. Ainsi, vouloir diviser le Gabon sur des bases ethniques, c’est nier une réalité sociale profondément enracinée dans nos mœurs.
Un monde professionnel sans barrières ethniques
L’environnement professionnel illustre également cette unité nationale. Chaque jour, dans les administrations, les entreprises et les institutions, des Gabonaises et Gabonais de toutes les ethnies travaillent ensemble, dans un esprit de collaboration et d’entraide. Nos collègues et collaborateurs viennent des neuf provinces du pays, et pourtant, ce n’est pas leur origine ethnique qui est mise en avant, mais bien leurs compétences et leur engagement au service du pays.
Le Gabon moderne exige une ouverture d’esprit et une vision tournée vers l’avenir, où les préoccupations sont celles du développement économique, de la justice sociale et du progrès collectif. Loin d’être un facteur de division, la diversité ethnique est une richesse, une force qui nourrit l’innovation et le dynamisme de notre société.
Le danger des manipulations politiciennes
Si les Gabonais vivent en harmonie, pourquoi alors cette question ethnique refait-elle surface à chaque élection ? La réponse est simple : certains acteurs politiques, en panne d’idées et en quête de visibilité, exploitent ce sujet pour attiser les tensions et se positionner soit en victimes, soit en champions autoproclamés d’une ethnie contre une autre.
Cette manipulation pernicieuse doit cesser. Le temps est venu pour la classe politique gabonaise d’élever le débat, de transcender les particularismes claniques et ethniques, et de placer le Gabon au-dessus de tout. L’enjeu de cette élection présidentielle d’avril 2025 ne doit pas être celui d’un repli identitaire, mais celui du renouveau politique, de l’unité et du progrès partagé.
Regarder l’avenir avec lucidité et responsabilité
Notre responsabilité collective est de préserver le tissu social gabonais et de rejeter fermement toute tentative de division. Chaque citoyen doit prendre conscience que l’avenir du Gabon ne repose pas sur des appartenances ethniques, mais sur une vision commune d’un pays prospère, stable et uni.
Le Gabon est et restera une nation forte, où toutes les ethnies ont leur place et contribuent, ensemble, au développement du pays. Opposons donc aux discours de division une affirmation claire et déterminée de notre fraternité nationale. Il n’y a pas de problème ethnique au Gabon, il y a un défi de responsabilité politique.
Il appartient à chacun de nous d’y répondre avec sagesse et engagement.
Francis Edgard SIMA MBA
Consultant International MCCA
Analyste Politique.

