Pour désengorger la prison centrale de Libreville, plusieurs détenus ont été transférés ces derniers mois vers les établissements pénitentiaires de Makokou, Tchibanga et Oyem. Une mesure présentée comme nécessaire, mais qui soulève une vive polémique : nombre d’entre eux n’auraient pas encore été jugés.
Selon les familles, une trentaine de détenus, dont six jeunes hommes, auraient été envoyés à Makokou depuis plus d’un an, malgré l’absence de jugement définitif. Une situation dénoncée par un collectif de proches et de soutiens, qui évoque des violations de procédures et des conditions de détention difficiles, loin de leurs foyers.
Face à la montée des critiques, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire, le Eddy Minang, a reconnu des dysfonctionnements. Lors d’une conférence de presse tenue le 29 octobre 2025, il a affirmé que la justice se mobilise pour traiter ces dossiers « dans les meilleurs délais ».« Le juge d’instruction va se déplacer pour entendre les détenus sur place, ou alors ils seront ramenés à Libreville afin de clôturer les procédures dans les délais impartis », a-t-il déclaré, assurant avoir saisi l’administration judiciaire pour que seuls les détenus condamnés soient transférés à l’avenir.
Une prise de position qui suscite l’espoir des familles, mais qui souligne aussi la pression croissante sur le système pénitentiaire et judiciaire, confronté à la surpopulation carcérale et aux exigences de respect des droits des personnes en détention préventive.
SOS Prisonniers Gabon a dénoncé cette situation en avril dernier, soulignant que le transfert de détenus sans notification préalable aux familles ni possibilité pour les avocats de les visiter est contraire aux lois en vigueur. L’ONG a demandé aux autorités compétentes de prendre des mesures pour rétablir les droits des détenus et garantir leur sécurité

