Dépravation des mœurs et impact négatif des réseaux sociaux en milieu scolaire: fin de la 1ère édition de la caravane de sensibilisation.

Entamée le 06 novembre 2025 au lycée Nelson Mandela, la 1ère édition de la caravane de sensibilisation sur la dépravation des mœurs et l’impact négatif des réseaux sociaux en milieu scolaire initiée par l’ONG MIFEP qui visait à sensibiliser les élèvs, les parents, et les ensignants sur les dangers de la dépravation des  mœurs et de  l’utilisation abusive des réseaux sociaux, s’est achevée le mercredi 03 décembre 2025, à l’école publique de Mont-Bouët 2 dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville.

Les participants à la caravane, parmi lesquels psychologues, travailleurs sociaux et autres leaders communautaires, ont souligné l’importance de la famille et de l’éducation dans la prévention de la dépravation des mœurs. Ils ont également appelé à une action collective et concertée de tous les acteurs de la société pour lutter contre ce fléau.

Nous vous livrons in extenso, les réactions du directeur de l’école publique de Mont-Bouët 2 et des membres de l’ONG MIFEP au sortir de cette caravane :

Le directeur de l’école publique de Mont-Bouët 2, Gildas Gabin KANKANA.

«Nous sommes très heureux de vous recevoir aujourd’hui. Déjà, le message qui a été passé est un message que nous attendons depuis. C’est vrai que nous le faisons en classe, mais avoir des personnes extérieures qui viennent parler de la thématique qui est aussi cruciale que la dépravation des mœurs et l’impact des réseaux sociaux sur l’avenir de nos enfants est une bonne thématique que nous attendons fort longtemps.

 

Et nous exhortons l’ONG à continuer cette mission-là, à ne pas vraiment se relâcher parce que le mal est profond. Avec toutes les dérives et publications que nous voyons ici sur les réseaux sociaux, c’est juste d’encourager et demander à ce que cette ONG soit accompagnée pour que nos enfants puissent en bénéficier sur le long terme.

 

Je le disais déjà d’entrée de jeu, c’est que la question de la dépravation des mœurs, elle touche tant l’école, mais également l’environnement immédiat de l’enfant. Donc en prenant déjà le mal à la racine, en commençant à échanger avec les enfants dès le primaire, ça permet de pouvoir gagner non seulement en temps, mais gagner en efficacité parce que la cible est là, elle a été bien choisie. Donc ils vont faire l’implémentation non seulement à l’école, mais également dans leur milieu familial.»

 

« La dépravation des mœurs est un problème qui touche tous les niveaux de la société », a déclaré la Coordinatrice Générale de l’ONG MIFEP « Il est temps que nous agissions ensemble pour protéger nos enfants et nos jeunes des influences négatives des réseaux sociaux et de la dépravation des mœurs. »

Anne Angèle MVE

«Il y a tellement de choses, tellement d’indicateurs négatifs, je mets vraiment un accent sur les indicateurs négatifs que nous avons pu découvrir dans les établissements scolaires au primaire comme au secondaire malheureusement.

Premièrement, ce que je retiens, c’est que les élèves n’arrivent pas à comprendre le terme de la dépravation des mœurs. Et voyez-vous, pour moi, c’est un grand problème parce que je me dis, si les enfants qui sont au cœur de la problématique, je parle là de la violence en milieu scolaire, ne comprennent pas ce que c’est, de quoi il s’agit, on a un gros problème.

 

On a vraiment un gros problème parce que durant nos échanges, nous avons compris que les enfants ne comprennent pas de quoi il s’agit. Ou encore, ils comprennent peut-être à leur façon, à leur manière, mais ils ne comprennent pas. Et nous avons également découvert des problématiques que les enfants vivent au quotidien.

Donc, on s’est rendu compte qu’il y a un gros travail. Et ce travail, comme nous l’avons dit depuis le début de cette campagne de sensibilisation, nous ne sommes pas là pour accuser qui que ce soit. Nous sommes plutôt dans une dynamique dans laquelle nous disons que c’st l’affaire dd tous, de chaque Gabonais.

Et c’est ensemble que nous devons unir nos forces pour trouver une solution à ce qui se passe dans notre pays par rapport au fléau de la violence en milieu scolaire. Justement, autour de cette caravane, on a remarqué que les élèves fustigeaient beaucoup les parents.

 

Par rapport à cela, permettez-moi d’utiliser un verset biblique, parce que je suis chrétienne, et la Bible est ma base. Dans la Bible, il est écrit dans proverbes 22 au verset 28:« Ne déplace pas la borne que tes pères ont posée ». Il y a aujourd’hui un problème de limite.

 

Il n’y a plus aucune limite dans ce pays, ni dans les familles, ni dans les établissements scolaires, ni dans les relations, ni dans la société. En fait, à tous les niveaux, il n’y a plus de limites. Les bornes ont été déplacées.

Et malheureusement, lorsqu’on déplace les bornes, vous voyez, c’est le scandale, c’est le chaos, et c’est ce qui se passe aujourd’hui. Parce que ce que les enfants fustigent, ce n’est pas non plus faux. On ne prend pas la défense des enfants. Non, on est conscient que les actes odieux que nous constatons dans la nation actuellement, sont faits par les enfants.

Mais le problème c’est que ce que les enfants dénoncent n’est pas à négliger.Car Ils dénoncent ce qui se passe dans la cellule familiale. C’est une interpellation pour chaque parent.

Donc là également, les parents sont interpellés. Et je me dis, en tant que coordinatrice générale de l’ONG MIFEP, un moment donné, chers parents, nous allons nous asseoir, nous allons devoir nous asseoir et nous revoir aussi.

Une question nous est posée, est-ce qu’aujourd’hui, nous, parents, nous sommes vraiment à notre place ? Est-ce qu’en tant que parents, nous jouons encore véritablement le rôle qui est le nôtre auprès des enfants?

Moi, je pense très sincèrement et humblement que pour régler un problème d’envergure comme la violence en milieu scolaire dans notre nation, le Gabon, il faut qu’on s’asseye. Il faut des assises, il faut des ateliers. Pourquoi ne pas organiser un atelier national ? Et j’ai lancé à ce sujet-là un appel à l’action au chef de l’État, qui est la première autorité de notre pays. 

J’ai lancé un appel à l’action au Président Brice Clotaire Oligui Nguema, parce que lui, il a le pouvoir. Il a le pouvoir de décider. Il faut qu’on se rassemble et qu’on s’asseye tous ensemble, qu’on réfléchisse ensemble par rapport à cette situation.

Et vous allez vous rendre compte que chaque partie prenante a une lumière. Et ça fera une grande lumière qui va venir chasser les ténèbres, les ténèbres qui parlent donc de la dépravation des mœurs. Parce que la violence en milieu scolaire, ce n’est qu’un pan de la dépravation des mœurs.

C’est vaste, c’est un volet très vaste. Et nous ne pouvons pas agir chacun dans son côté. Le ministère de l’éducation nationale agit à son niveau, c’est bien. Mais le ministère de l’éducation nationale à lui tout seul ne peut pas régler ce problème dans ce pays.

Le ministère de l’éducation nationale n’est pas dans nos maisons. Est-ce que vous voyez un peu ? Le ministère de l’éducation nationale n’est pas avec nous dans les écoles, même si c’est vrai qu’ils ont leurs représentants. Mais on ne va pas accuser le ministère de l’éducation nationale. On ne va pas non plus accuser l’État, parce que l’État aussi n’est pas dans nos maisons. Donc les parents, les institutions, la société civile et l’Eglise.»

 

Les participants ont également souligné la nécessité de renforcer les liens familiaux et de promouvoir les valeurs traditionnelles pour lutter contre la dépravation des mœurs. « La famille est la base de la société », a déclaré la Secrétaire Générale de l’ONG MIFEP . « Il est important que nous renforcions les liens familiaux et que nous promouvions les valeurs traditionnelles pour protéger nos enfants et nos jeunes. »

Marie Paule Déborah OKOME ABESSOLO

«Alors, on a une vision autre, on a une vue autre sur ce fléau. On constate qu’à tous les niveaux, tous les acteurs sont démissionnaires. L’État est démissionnaire. Les familles sont démissionnaires. La société civile est démissionnaire. Que faire ? C’est la question qu’on nous pose à nous.

 

J’ai souvent entendu que ce n’est pas le père qui est géniteur qui est le père de l’enfant, c’est celui qui l’élève. Alors l’État est parent d’élève, l’école est parent d’élève, la société civile est parent d’élève.

 

Les familles sont parents d’élèves. Pourquoi ? Parce qu’on a tous un rôle à jouer pour l’amélioration des conditions de vie d’un enfant. On n’éduque pas un enfant à 10 ans ou à 11 ans. Tout part au début, à l’enfantement. Comment se passe la structure familiale ? Sur quoi elle est basée ? Sur quoi elle prend ses valeurs ? Moi, je suis de la génération de TVSAT, où, je me rappelle, on n’avait pas de téléphone.

 

Il n’y a pas de dépravation aussi forte que maintenant.

 

Le téléphone est arrivé. Pourquoi se laisser aller sur le téléphone ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi les parents démissionnent ? C’est la question qu’on doit nous poser. Et pourquoi la salle familiale baisse les bras ? L’église qui est censée être le mentor. La Bible nous dit quoi ? « Éduque l’enfant selon la voie qu’il doit suivre, afin que quand il sera grand, qu’il ne s’en étonne pas. » Mais c’est quelle voie ? On montre aux enfants. Mais on s’étonne aujourd’hui que, comme on parle de dépravation, l’enfant a d’abord connu quelle voie ? Si c’est la voie qu’il a connue, mais qu’il ne peut être que dépravé ? L’enfant ne peut être que dépravé ?

 

Si l’enfant a connu une bonne voie, ce ne sera pas un enfant dépravé, ce sera un enfant avec de bonnes valeurs, de bonnes bases. Tout part du début, tout part de la cellule familiale. Là-bas, peut-on encore parler aujourd’hui de la cellule familiale ? Que dire de la cellule familiale ? Existe-t-elle encore réellement, comme à l’époque des parents, des générations ? Existe-t-elle encore, la cellule familiale ?

 

Avons-nous encore des pères de famille, des mères de famille, tout le monde donnera une raison, tout le monde dira qu’il faudra se justifier. Mais on n’est pas là pour nous justifier, on est là pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, pourquoi le Gabon est arrivé à ce point-là où le fléau est catastrophique, où les enfants sont en perdition totale des valeurs qui peuvent leur construire demain.

 

C’est les valeurs qui font des hommes de demain. C’est les valeurs qui font une génération future. On dit le Gabon, c’est sa jeunesse. Mais de quelle jeunesse parle-t-on aujourd’hui ? De laquelle parle-t-on aujourd’hui ? Une jeunesse perdue, sans valeur, sans honneur. On dit honore ton père et ta mère. Mais de quel parent parle-t-on s’il ne s’honore même pas lui-même ? Le respect commence par soi. C’est ce que moi, ma mère m’a appris. Mais si la mère elle-même ne se respecte pas, le père non plus.

 

Mais l’école n’est pas là pour éduquer nos enfants. L’école est là pour améliorer l’éducation de l’enfant.

Donc c’est pourquoi je dis, cette dépravation des morts c’est un cri d’alarme pour les enfants. Les enfants crient. Donc c’est un moyen pour eux de véhiculer un message. Alors il faut reconstruire ensemble. Il faut rebâtir tout ce qui a été détruit sous de nouvelles ruines. Et ça, ça part de quoi ? Ça part des fondements. Il faut revenir aux fondements nécessaires. Bâtir une cellule, c’est bâtir un enfant. C’est construire un avenir. C’est construire une jeunesse de demain.

 

C’est dire oui, je suis Gabonais. J’ai vu tout à l’heure quand on est arrivé, on s’est levé pour l’hymne national. Mais il a fallu qu’un homme, comme  le Président de la République, ramène ces valeurs pour donner un blason au Gabon. Ça veut dire que tout passera par nous. Vraiment, je suis choquée. Je suis vraiment choquée de voir qu’on veut bien faire, mais on ne peut pas aller seul.

On ne peut pas aller seul de l’avant. Je me rappelle qu’il y a, pour paraphraser, on dit souvent, pour mieux avancer, on se sert de l’ancienne bibliothèque.»

Cette caravane de sensibilisation est un appel à l’action lancé aux autorités gabonaises pour qu’elles prennent des mesures concrètes pour lutter contre la dépravation des mœurs et l’impact négatif des réseaux sociaux en milieu scolaire.

L’ONG MIFEP  poursuivra ses efforts de sensibilisation de la population gabonaise sur cette problematique pour la promotion des valeurs de respect, de tolérance et de solidarité en s’engageant pour la séconde phase de sensibilisation dès le mois de Mars 2026.

Rappelons à toutes fins utiles que le lycée Nelson Mandela, le Lycée National Léon Mba, l’école publique de Mont-Bouët I, le Lycée Georges Mabignath et l’école publique de Mont-Bouët 2 ont été les etablissements qui ont acceuillis cette premiere phase de la caravane de sensibilisation sur la dépravation des mœurs et l’impact négatif des réseaux sociaux en milieu scolaire.

 

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