L’occasion était trop belle pour le tenant de l’opposition des dernières élections présidentielles de 2016, Jean Ping, d’ajouter son grain de sel sur la tenue de la 9e session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale), le 18 décembre à Libreville, et de revenir sur la crise post-électorale permanente au Gabon. Pour Jean Ping, c’était l’occasion maladroite d’annoncer et de relancer la stature diplomatique et internationale d’Ali Bongo, comme pour abuser les gabonais.
Toutefois, cette importante rencontre a mise en exergue plusieurs faits majeurs, sur notamment : Le climat morose dans lequel les délégations étrangères ont été reçues, dénote du vide institutionnel qui existe au sommet de l’Etat. Situation née tristement des élections de 2016, à l’issue desquelles un pouvoir criminel, usurpateur et par conséquent illégitime, s’est imposé, contre la volonté de la majorité des gabonais de tourner la page du régime Bongo-PDG. Le peuple gabonais, se souvient qu’aux premiers jours qui ont suivi cette crise, le régime usurpateur a fermé la voie à tout droit de regard de certains chefs d’Etat de la sous-région.
A ce climat morose s’ajoute une absence notable de représentation au plus haut niveau des Etats participants. L’on a ainsi pu noter que seuls quatre chef d’Etats sur onze étaient présents. D’ailleurs, aucun Chefs d’Etats des pays frontaliers continentaux n’a fait le déplacement. Ce qui en dit long sur le faible poids diplomatique d’Ali Bongo dans l’espace CEMAC.
Enfin, ce sommet renforce davantage la conviction des gabonais de l’incapacité d’Ali Bongo à diriger le Gabon depuis qu’il a été victime d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) le 24 octobre 2018. Le fait marquant nouveau, preuve de cette incapacité est la différence notable entre la signature apposée par Ali Bongo sur le communiqué final des travaux de la CEEAC et celle qui apparait sur les autres actes récents réputés signés de lui. Il s’agit là manifestement de faux, un des indicateurs les plus visibles qui vient s’ajouter à la multiplication d’actes d’imposture à la tête de l’Etat et aux forts soupçons d’utilisation de sosies pendant plusieurs mois, dans un contexte général d’usurpation, depuis 2016. Toute chose conduisant à évoquer la haute trahison.
Cet élément nouveau mais spectaculairement parlant établit désormais clairement qu’Ali Bongo ne dirige plus le Gabon depuis octobre 2018. Car tout n’est que mise en scène au sommet de l’Etat, plongeant ainsi les institutions gabonaises dans le discrédit total.
Pour Jean Ping, il n’est dans l’intérêt, d’aucun gabonais quel que soit son bord politique, ou sa province d’origine de voir une déstabilisation définitive du Gabon. C’est pourquoi, il réitère à tous les gabonais son attachement à la ligne directrice qui le guide depuis septembre 2016, à savoir la nécessité d’éviter au Gabon de sombrer dans le spectre de la guerre civile, qui menace d’une part, et de concourir à une passation pacifique des charges, d’autre part.

