Cacophonie à la Justice: A qui profite la libération de Noel Mboumba ?

Ayant affirmé clairement qu’il reconnaissait avoir été un acteur (majeur ou mineur) dans la chaîne d’opérations des détournements massifs d’argent public… Dans ce cas précis, pourquoi avoir libéré l’ancien ministre du pétrole, Noel Mboumba ? Pour faire un point de presse ? 

La vie des Gabonais est devenue, en quelque sorte, le décor de la vie politique alors que ce devrait être son cœur. Ensuite, les turpitudes d’un système politique décomposé apparaissent au grand jour, tous les jours, aux dépens de ceux qui veulent parler du fond et de leur projet. Et c’est, à ce titre, profondément surprenant qu’il faille ces révélations pour que ceux qui sont concernés en prennent subitement conscience.

En effet, un ex-ministre de la République qui affirme avoir exécuté les « instructions malveillantes des personnalités en position dominante », cela veut dire techniquement, dans un premier temps, que son implication dans les malversations frauduleuses est clairement établie (ses aveux engagent automatiquement sa responsabilité pénale). Deuxièmement, cela veut dire qu’il accuse implicitement ses chefs hiérarchiques, soit le Premier ministre (son chef hiérarchique direct), soit le Président de la République. Car Conformément à la Constitution, l’article 8 dispose que :  » Le Président de la République est le détenteur suprême du pouvoir exécutif qu’il partage avec le Premier ministre ». L’article 28 dispose que :  » Le Gouvernement conduit la politique de la Nation, sous l’autorité du Président de la République… ». Littéralement, au-dessus d’un Ministre de la République, il y’a deux hautes autorités exclusives : Le Premier ministre et le Président de la République. C’est la Loi fondamentale, c’est-à-dire notre Constitution qui le stipule sans ambiguïté. Le reste c’est de la distraction, un spectacle ridicule et inopportun.

Aujourd’hui, nous sommes dans un régime où une forme d’irresponsabilité politique de la Justice s’est installée. S’y est substituée une forme d’hyper-responsabilité des ministres. Ce n’est ni le sens de nos institutions, ni ce qui permet, dans la durée, de redresser le Gabon. A chacun de prendre sa part de responsabilité. Le premier péril qui pèse sur chacune de nos consciences, c’est l’atteinte à notre dignité humaine. C’est la responsabilité de dire que les drames qui se déroulent sous nos yeux sont un crime contre l’humanité. Il serait judicieux que tous les ministres se soumettent à des règles nouvelles de moralisation de la vie publique.

Paul Essonne

Journaliste

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