AGANOR : Une gestion gabégique, suspension du DG Abdu Razzaq Guy KAMBOGO par le Ministre de l’Industrie Pacôme MOUBELET BOUBEYA.

0
1270
Le DG de l'AGANOR Abdu Razzaq Guy KAMBOGO

L’Agence Gabonaise de Normalisation (AGANOR) depuis sa création en 2014, sous les cendres de l’Agence de Normalisation et de Transfert de Technologies (ANTT), a connu des directeurs généraux dont le sulfureux Joseph Alain NGOWET REVAZA qui avait défrayé la chronique en 2019 avec sa gestion autarcique et anarchique de l’agence. Il avait fini par être débarqué par le Gouvernement. Ensuite, il y eu la gestion endormie du DG Damas KAKOUDJA entre le début 2019 et début 2020. Depuis le début de l’année 2020, l’AGANOR est managée par le DG Abdu Razzaq Guy KAMBOG qui semble s’inscrire de façon subtile dans la logique d’une gestion gabégique de l’agence pas loin de celle de ses deux prédécesseurs, même si celle-ci semble plus subtile.

Cette gestion approximative a poussé le Ministre actuel de l’industrie à suspendre le DG Abdu Razzaq Guy KAMBOGO de ses fonctions depuis le 25 mars 2022. Les raisons de cette suspension trouveraient leur justification dans les faits de management approximatif ci-dessous.

Transformation de l’AGANOR en entreprise privée avec un goût prononcé pour le rendement financier.

Lors de sa prise de fonction au cours du premier trimestre 2020, le DG Abdu Razzaq Guy KAMBOGO a eu le mérite, progressivement, de réduire le climat délétère au sein de l’AGANOR mis en place et entretenu par ses prédécesseurs, les ex-DG NGOWET REVAZA ET KAKOUDJA. En effet, il a réussi à ramener tous les agents à oublier les points divergents et à se concentrer au travail. Par contre, le revers de la médaille est son goût à se concentrer sur la rentabilité à tout prix de l’AGANOR en oubliant d’abord que cette agence est un établissement public. Au lieu d’accompagner sa structure à normaliser les activités économiques par l’élaboration des normes, il s’est focalisé uniquement sur les activités ou actions génératrices de ressources financières. Résultats des courses : très peu de normes élaborées, mais beaucoup d’activités de contrôles des opérateurs économiques avec beaucoup d’amendes infligées systématiquement pour les activités de métrologie (contrôles des balances commerciales, barémage) et de contrôle de la conformité (contrôle des importations, surveillance du marché).

Les pétroliers, les importateurs et autres en ont fait les frais.

En plus, des sources autorisées on parlerait des soupçons de détournements de deniers publics qui pèseraient sur lui, notamment les recettes issues des contrôles de balance déposées à la Direction Administrative et Financière en espèces et inconnues de l’Agent Comptable, les surfacturations et avantages indus notamment en complicité avec sa deuxième épouse en charge de la Communication et de l’Informatique (des factures où un ordinateur HP couterait maintenant 1million de FCFA), des marchés publiques octroyés de gré à gré à des proches sans appel d’offre publique et cela en violation du code des marchés publiques (cas du siège de l’AGANOR en construction). Tout ceci qui expliquerait en grande partie sa suspension actuelle par le Ministre de l’industrie actuelle, Pacôme MOUBELET BOUBEYA.

Des recrutements tous azimuts, familiaux, amicaux, tribaux et ethniques

Le grand DG Abdu Razzaq Guy KAMBOGO ayant constaté que l’AGANOR était en manque de ressources humaines qualifiées, décida de remplir l’agence par tous ses parents et amis de façon azimuts sans tenir compte de leurs compétences réelles et des disponibilités financières de l’AGANOR.

Résultats des courses : les directions techniques se sont retrouvées remplies des personnes recrutées avec des profils inadaptés, littéraires alors qu’il en fallait des profils techniques et scientifiques. Aujourd’hui, l’effet pervers de ces recrutements hors normes est le ralentissement des activités car il faut les former et surtout que les trois quarts (¾) du budget de l’AGANOR servent aujourd’hui à payer exclusivement les salaires d’un personnel inadapté au détriment du fonctionnement et de l’investissement. Beaucoup de personnes recrutées sans besoin réel se retrouvent à être payés à ne rien faire, et avec des salaires faramineux : un jeune diplômé qui sort de l’école avec un BAC+5 est payé au moins à 800.000 FCFA par mois. La majorité des recrutés se tournent les pouces, mais touchent des bons salaires chaque mois.

L’autre conséquence est qu’aujourd’hui toutes les Directions y compris la Direction Générale manquent du strict minimum pour fonctionner notamment du papier, de l’encre, des ordinateurs, des chaises, des chemises cartonnées, etc.

L’AGANOR est la seule agence au Gabon, la seule administration publique jouissant d’une autonomie de gestion à rémunérer gratuitement un personnel recruté et inadapté qui se tourne les pouces.

Une politique de rémunération du personnel résolument gabégique qui brime et méprise les fonctionnaires affectés à l’AGANOR.

La brimade, le mépris des fonctionnaires affectés à l’AGANOR a débuté pendant le règne du DG NGOWET REVAZA qui leur vouait une haine qui s’est concrétisée par la mise en place d’un système de rémunération en faveur des agents recrutés directement par cette agence. En effet, bien que les fonctionnaires soient les premiers agents de l’AGANOR qui ont mis en place les activités qui génèrent les ressources financières actuelles, le DG NGOWET REVAZA et son successeur Damas KAKOUDJA ont mis en place et maintenu une politique de rémunération inégale en défaveur des fonctionnaires. Ces derniers se retrouvent à être sous payés par rapport à leurs collègues et collaborateurs recrutés après eux et qu’ils ont pourtant encadrés et formés comme stagiaires.

Ainsi, l’AGANOR dispose d’une grille de rémunération inconnue du Conseil d’administration et du Ministre de l’Industrie, et qui ne s’applique qu’à une seule catégorie d’agents : les contractuels de droit privé recrutés directement par le DG de l’AGANOR.

Pourtant, aucune disposition législative ou réglementaire ne justifie cette politique de rémunération discriminatoire et qui va d’ailleurs à l’encontre de la politique d’équité et de l’égalité des chances prônées haut et fort par les plus hautes autorités de la République Gabonaise.

Quelques exemples de la gabegie dans la rémunération des agents :

  • Un chef de service et un directeur recrutés directement par l’AGANOR sont mieux payés (salaires atteignant au moins 1,2millions/mois) qu’un directeur fonctionnaire (moins d’1million/mois).
  • Un cadre  supérieur  recruté  directement  par  l’AGANOR  est  mieux  payé (salaire atteignant les 800-900mille/mois) qu’un cadre fonctionnaire (moins de 800mille/mois).
  • Une technicienne de surface recrutée directement par l’AGANOR est mieux payée (salaire atteignant les 400mille/mois) qu’une technicienne agent public pourtant plus ancienne (au plus 300mille/mois).
  • Il existe aussi des inégalités salariales, inexplicables entre agents recrutés directement par l’AGANOR : certains chefs de bureau sont mieux payés (salaires mensuels atteignant les 1,2 millions) que certains chefs de service et directeurs (950 mille à 1,1millions).

Cela se répète à tous les niveaux entre les deux catégories d’agents pourtant les fonctionnaires sont les tous premiers agents de cette administration publique et qui ont été formés dans des grandes écoles et universités nationales ou étrangères.

Avec cette gestion approximative de l’AGANOR par le DG Abdu Razzaq Guy KAMBOGO, cette agence est d’ores et déjà condamnée à mourir de sa belle mort comme bon nombre de structures avant elles car financièrement elle ne tiendra pas longtemps dans la mesure où elle ne vit que pour payer les salaires du personnel recruté au détriment de l’investissement et du fonctionnement et cela en violation des principes et procédures fondamentaux de l’administration publique.

Il est indispensable que le Gouvernement fasse un audit financier et managérial du système de gestion gabégique mis en place par le DG de l’AGANOR pour mieux identifier l’ampleur du mal et les remèdes adaptés en urgence.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here