Alors que les ordonnances réformant le Code du travail seront présentées en Conseil des ministres, la mobilisation s’intensifie. La grogne sociale fait tache d’huile aujourd’hui. C’est un avertissement au gouvernement. Si les grévistes ne sont pas entendus, ils n’en resteront pas là. Très mobilisé contre plusieurs mesures phares contenues dans les ordonnances, les syndicats montrent les muscles pour obtenir leur retrait.
Au regard de l’agenda bien rempli de ces prochains jours, tous les ingrédients d’un énorme mouvement social est en marche. Est-ce le début d’une véritable vague de contestation sociale? C’est toujours difficile à évaluer. Il suffit d’une étincelle pour embraser le mouvement social.
Les syndicats redoutent l’émergence d’un dialogue social à sens unique et sous contrainte qui sera générateur de conflits et de régressions sociales. Ils ont appelé à la grève contre la réforme du Code du travail souhaitée par le gouvernement. Cette mobilisation qui s’inscrit dans un mouvement social global est suivie. Pour les syndicats, cette réforme menée par ordonnances, présente des risques de dumping social.
Nous constatons le naufrage politique et l’impuissance du gouvernement à réformer efficacement. Ce n’est certes pas une surprise, mais l’utilisation du Forum de la fonction publique par Julien Nkoghe Bekale pour faire passer le code du travail n’en est pas moins un nouvel aveu d’échec pour le chef du gouvernement, obligé une nouvelle fois de passer en force face à l’hostilité des syndicats. Que de temps et d’énergie perdus ! Sur la forme comme sur le fond, la loi travail est un naufrage politique.
Cette nouvelle escalade autoritaire est l’aveu de faiblesse d’un gouvernement qui n’a plus d’autre recours.
A cet effet, le Gouvernement de la République s’est réuni, vendredi 24 janvier 2020, en Conseil interministériel, afin d’examiner, entre autres, les conséquences sociales consécutives au déclenchement du mouvement de grève d’avertissement lancé par les syndicats autonomes, sans tenir compte de l ’accord signé entre le Gouvernement et les deux confédérations syndicales, et dans lequel le Gouvernement a accédé à l’unique revendication contenue dans le préavis déposé le 16 janvier 2020, à savoir l’organisation d’une plénière tripartite sur le projet de réforme du Code du Travail.
Dans le souci de préserver la paix sociale, la sérénité et la sauvegarde des intérêts économiques, et en réponse audit préavis de grève notifié à son Cabinet, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, confirme à l’ensemble des confédérations syndicales et syndicats autonomes signataires dudit préavis de grève, de l’organisation de la plénière tripartite appelée à examiner le projet de réforme du Code du Travail, à partir du 3 février 2020.
A cet effet, le Ministre du Travail a été instruit par le Gouvernement de procéder à l’examen des modalités d’organisation de ladite plénière avec l’ensemble des confédérations syndicales et syndicats autonomes des travailleurs et d’employeurs.
Le Gouvernement, privilégiant le dialogue social constructif, en appelle à nouveau à la responsabilité des leaders syndicaux, au respect des règles en la matière, et invite l’ensemble des travailleurs à la reprise normale du travail.

