Au Palais Léon-Mba, le débat sur l’encadrement juridique de l’homosexualité est revenu au centre des discussions. Le mardi 13 octobre 2026, l’honorable Béni Ngoua Mbina, député du 2ème siège du Département de Mougoutsi dans la province de la Nyanga, a soumis à l’attention de ses collègues parlementaires, une proposition de loi portant modification de certaines dispositions de la loi n° 006/2020 du 30 juin 2020 relative au Code pénal.
Une initiative qui remet explicitement à l’ordre du jour la question de l’encadrement juridique des relations sexuelles entre personnes de même sexe et de la promotion de l’homosexualité au Gabon. La défense des valeurs culturelles mise en avant.
Selon l’honorable député, la démarche répond à la nécessité de réaffirmer les valeurs sociales et culturelles de la société gabonaise. « Nous ne pouvons pas nous laisser faire, il faut condamner l’homosexualité », a déclaré l’honorable Béni Ngoua Mbina devant la représentation nationale, estimant qu’il s’agit de préserver les repères éthiques et les mœurs constitutifs de l’identité culturelle nationale.
Une position soutenue dans l’hémicycle.
L’honorable Saïd Akoumezogho a salué l’initiative : « Je félicite mon collègue pour son initiative. Car, nos compatriotes attendent les députés de la Vème République sur ce genre de texte. Nous devons prendre nos responsabilités, plus que jamais ». Dans la même veine, l’honorable Dany Mouelet a défendu la nécessité de préserver les références sociales du pays : « Nous n’allons pas tolérer les mauvaises habitudes qui viennent des autres pays. En tant que pays organisé, nous devons organiser notre société ».
Pour sa part, l’honorable Chantal Myboto épouse Gondjout, députée du 1er siège du 1er arrondissement de Libreville, a estimé que les pratiques visées par le texte ne correspondaient pas aux us et coutumes auxquels elle se réfère, indiquant son intention de soutenir le texte.
Un texte qui ouvre des questions de droit
Au-delà des prises de position exprimées, cette proposition de loi soulève des questions de fond : quelle sera la portée exacte des modifications envisagées ? Comment s’articuleront-elles avec les dispositions constitutionnelles en vigueur et les garanties juridiques applicables ?
L’examen du texte appellera une analyse précise du droit, des objectifs poursuivis par le législateur et des conséquences concrètes des dispositions proposées. La XIVe législature de la Vème République entend-elle aller plus loin que sa devancière sur cette question sensible et récurrente ? Le débat parlementaire est ouvert. Reste à savoir si le projet franchira les différentes étapes de la procédure législative et sous quelle forme il pourrait, le cas échéant, être adopté.
Source Presse Assemblée Nationale

