SAEG : 90 jours pour remettre de l’ordre dans la gestion de la société

La Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) est placée sous administration provisoire pour une durée maximale de 90 jours. Décidée lors du Conseil des ministres du jeudi 8 octobre à Libreville, cette mesure vise à assurer la continuité des activités de l’entreprise, à préserver les actifs de l’État et à préparer une nouvelle orientation stratégique de cette structure publique, selon le communiqué final du Conseil des ministres.

Cette décision intervient dans un contexte institutionnel marqué par la caducité des ordonnances n°0014/PR/2026 et n°0015/PR/2026 du 26 février 2026, qui prévoyaient la dissolution de la SAEG au profit de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG). Faute de ratification, ces textes sont devenus sans effet, maintenant ainsi la SAEG comme principal support juridique de l’intervention de l’État dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage.

Toutefois, cette situation a laissé la société sans organe de direction, créant un vide administratif nécessitant une intervention des pouvoirs publics. L’administration provisoire apparaît dès lors comme une solution transitoire pour rétablir un cadre de gestion et éviter toute interruption des activités.

Un audit pour évaluer la gestion
Pour conduire cette période transitoire, le Conseil des ministres a désigné le directeur général de l’Agriculture comme administrateur provisoire de la SAEG. Il exercera cette mission parallèlement à ses fonctions actuelles, sans rémunération supplémentaire.
Durant les 90 jours impartis, sa mission consistera notamment à sécuriser les actifs de l’entreprise, à réaliser un audit complet de sa gestion et à procéder à une revue stratégique de ses activités. Ces travaux devraient permettre aux autorités de disposer d’un état des lieux précis de la situation administrative, financière et opérationnelle de la société.

Au-delà de la régularisation de sa gouvernance, l’enjeu est de déterminer les conditions nécessaires à la préservation des investissements publics et à la relance des activités agricoles et d’élevage. L’administration provisoire devra ainsi contribuer à clarifier les perspectives de la SAEG dans un secteur considéré comme essentiel à la diversification de l’économie gabonaise et au renforcement de la production nationale.

Les salaires, une urgence sociale
Parallèlement aux mesures de réorganisation, le gouvernement a également décidé d’agir sur le front social. Les difficultés enregistrées au sein de la SAEG et d’AGROPAG ont conduit les autorités à instruire le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, de procéder en urgence au paiement d’un premier tiers des arriérés de salaires dus aux agents des deux structures.

Le règlement du solde interviendra suivant un échéancier qui reste à définir. Cette mesure constitue une première réponse aux préoccupations des personnels confrontés aux retards de paiement de leurs rémunérations.
La prise en compte de cette dimension sociale souligne la nécessité de concilier les impératifs de restructuration avec la protection des travailleurs. La régularisation des salaires constitue également un enjeu important pour préserver le climat social et favoriser la reprise normale des activités.

Quel avenir pour la SAEG ?
À travers cette administration provisoire, les pouvoirs publics entendent reprendre le contrôle de la gestion de la SAEG, évaluer son patrimoine et déterminer les orientations à privilégier pour l’avenir de la société.
Les résultats de l’audit et de la revue stratégique seront déterminants pour apprécier les possibilités de relance de l’entreprise et préciser sa place dans la politique agricole nationale. Ils devront notamment contribuer à éclairer les décisions futures concernant l’organisation, la gestion et les missions de cette structure publique.

La période de 90 jours constitue donc une étape décisive pour la SAEG. Au terme de cette transition, l’enjeu sera de passer de la gestion provisoire à un dispositif de gouvernance durable, capable de valoriser les investissements publics, de répondre aux attentes des travailleurs et de soutenir le développement de l’agriculture et de l’élevage au Gabon.





Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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