Port-Gentil : Scandale foncier, la parcelle de Radio Mandji morcelée et vendue à des particuliers.

L’affaire fait grand bruit dans la capitale économique. La parcelle de l’État abritant l’émetteur de Radio Mandji aurait été morcelée et vendue à des particuliers et à des entreprises, malgré l’existence d’un titre foncier au nom de l’État gabonais.

C’est une situation rocambolesque découverte lors de la récente visite du Ministre de la Communication sur le site de Radio Mandji. Sur place, le constat est accablant : une partie du domaine public a été lotie, vendue, et aujourd’hui occupée.

Selon nos informations, des parcelles auraient été cédées à des particuliers de diverses nationalités – Gabonais, sujets libanais et ouest-africains – ainsi qu’à des entreprises. Des villas de luxe y auraient été construites, des bases logistiques pour des sociétés installées, et d’autres portions exploitées à des fins agricoles.

Le fait le plus troublant : même les équipes d’un média public venues couvrir l’actualité sur place n’auraient pas osé révéler le nom de l’auteur présumé de ce morcellement, par crainte de représailles. Un silence qui en dit long sur l’influence supposée de la personne mise en cause.

Alerté, le Ministre de la Communication a immédiatement convoqué une réunion d’urgence entre la direction de Radio Mandji et les différents acquéreurs. Une plainte a par la suite été déposée afin de faire la lumière sur cette opération foncière illégale.

Un cas d’école du mal foncier gabonais

Cette affaire relance avec fracas le débat sur la gouvernance foncière au Gabon, gangrénée par la corruption et les ventes illicites de terrains.

Deux questions majeures se posent aujourd’hui :

1. Comment un individu a-t-il pu vendre à titre privé un domaine de l’État qui dispose pourtant d’un titre foncier ? La parcelle de Radio Mandji, service public, est un patrimoine inaliénable de l’État. Sa vente supposerait une falsification de documents ou une complicité au sein de l’administration foncière.

2. Comment les acquéreurs ont-ils pu obtenir, eux aussi, des titres fonciers sur un terrain qui en possède déjà un ? En droit foncier gabonais, un même terrain ne peut avoir deux titres fonciers. L’existence de doubles titres sur le même domaine pose la question d’un système parallèle de délivrance de documents.

Le parquet de Port-Gentil devra désormais démêler le vrai du faux, identifier la chaîne de responsabilités et dire si des agents de l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC) sont impliqués.

En attendant, le domaine de Radio Mandji, média de service public, reste occupé par des constructions privées.





Assistant Edu Gabon

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