Sécurité ferroviaire : La SETRAG et les collectivités locales renforcent leur coopération

La salle polyvalente de la SETRAG a accueilli ce jeudi 24 septembre 2026 la signature d’une convention de partenariat, en présence notamment de Christian Magni, Administrateur Directeur Général de la SETRAG, d’Arnaud Sandri Nombo, maire de la commune d’Owendo, de Zéphirine Etotowa Ntutume, maire de Ntoum, et d’Issa Malame Salafou, troisième adjoint au maire de Libreville.

Une vue des personnalités lors de la rencontre

L’accord repose sur un constat : la sécurité ferroviaire ne dépend pas uniquement de l’opérateur. Elle implique également les populations, les collectivités territoriales et les différents acteurs présents autour de l’infrastructure.

Le tronçon situé entre PK2 et PK17, notamment, traverse des zones densément peuplées et se trouve à proximité immédiate de lieux fréquentés quotidiennement par des habitants, des élèves et des travailleurs. Cette configuration accroît les interactions entre les populations et l’emprise ferroviaire.

Pour la SETRAG, l’enjeu est donc de faire évoluer la prévention d’une approche essentiellement centrée sur l’entreprise vers un dispositif impliquant davantage les collectivités locales.

Les données présentées lors de la rencontre mettent en évidence l’importance des actions de prévention auprès des riverains.
Selon les chiffres communiqués par la SETRAG, le nombre d’accidents enregistrés a évolué au cours des dernières années. 99 % des accidents recensés auraient lieu de nuit, tandis que 81 % des personnes concernées seraient des hommes.

Ces chiffres constituent un élément important pour orienter les futures actions de prévention.
Le dispositif pourrait notamment être adapté aux comportements et aux horaires identifiés comme les plus exposés. L’objectif annoncé est de maintenir une présence régulière plutôt que de privilégier des interventions ponctuelles.

La SETRAG indique ainsi vouloir renforcer les actions de terrain afin de maintenir les messages de sécurité auprès des populations et de limiter le retour de comportements à risque.

La proximité physique entre les habitations, les commerces et la voie ferrée constitue l’un des principaux enjeux.
Selon les éléments présentés lors de la rencontre, 41 débits de boissons auraient été recensés entre PK2 et PK17, certains situés à moins de 1,5 mètre de la voie ferrée.

Cette proximité crée plusieurs situations potentiellement dangereuses : fréquentation des abords de la voie, déplacements de personnes à proximité immédiate des rails ou encore perte de vigilance liée à l’utilisation de téléphones et à certaines activités sociales.

Le problème dépasse donc la seule question du respect des règles de circulation ferroviaire. Il touche également à l’aménagement des territoires traversés par le chemin de fer et à la maîtrise de l’occupation de ses emprises.

Une première étude réalisée en 2015 avait recensé 333 personnes concernées par le projet de construction de murs et de passerelles. Une actualisation réalisée en 2023-2024 fait état de 475 personnes affectées, soit une augmentation de plus de 140 personnes selon les chiffres présentés.

Cette évolution illustre la pression exercée par l’urbanisation sur l’espace ferroviaire.
À mesure que les zones urbaines se développent, les populations et les activités économiques se rapprochent de l’infrastructure. La sécurisation de la voie ne peut donc pas être dissociée des questions d’urbanisme, d’aménagement et de contrôle de l’occupation des espaces situés à proximité du rail.

La SETRAG explique avoir progressivement fait évoluer sa stratégie. Les premières campagnes étaient principalement orientées vers les passages à niveau et les usagers. À partir de 2021, l’entreprise indique avoir formalisé une approche plus large de la sécurité ferroviaire.
La nouvelle démarche vise désormais à associer davantage les collectivités territoriales. Dans le cadre de la convention, plusieurs collectivités sont impliquées, notamment des arrondissements relevant des communes d’Owendo, de Libreville et de Ntoum. Des travaux préparatoires avaient déjà été engagés lors d’un atelier organisé en février 2026.

L’objectif annoncé est d’installer un dispositif permanent et de proximité, avec une implication directe des acteurs locaux.
La signature de cette convention pose désormais la question de sa traduction opérationnelle. Pour les collectivités, l’enjeu est notamment de relayer les messages de sécurité, d’améliorer le dialogue avec les populations et de prendre en compte les risques ferroviaires dans la gestion des territoires concernés.

Pour la SETRAG, il s’agit de compléter les dispositifs techniques de sécurité par une action davantage ancrée dans les quartiers.
Cette coopération devra également permettre de mieux identifier les situations à risque : occupations irrégulières des emprises, traversées non autorisées, activités commerciales trop proches des rails ou comportements exposant directement les populations.

La sécurité ferroviaire constitue finalement un enjeu collectif. La voie ferrée joue un rôle dans le transport et l’activité économique, mais son implantation dans des zones urbaines fortement peuplées crée des contraintes particulières. La SETRAG estime ainsi que la prévention ne peut plus reposer exclusivement sur l’opérateur et doit associer les collectivités et les communautés riveraines.

L’enjeu, désormais, sera de transformer la convention signée entre la SETRAG et les collectivités en actions régulières et mesurables sur le terrain.





Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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