La prise en charge des personnes vivant avec le VIH reste un enjeu majeur de santé publique dans le département du Ntem.
Selon les données de l’hôpital départemental de Bitam, 197 personnes séropositives ont été recensées entre 2024 et 2026.
Sur cette période, 127 personnes poursuivent actuellement leur traitement antirétroviral, soit environ 64,5 % des patients enregistrés par l’établissement.
Cela signifie que 70 personnes, soit près de 35,5 %, ne sont plus régulièrement suivies dans le dispositif de prise en charge de l’hôpital.
Pour les professionnels de santé, la régularité du traitement antirétroviral est essentielle. Elle permet de maintenir le VIH sous contrôle et de préserver durablement la santé des patients.
À Bitam, cette interruption de suivi pourrait être liée à plusieurs facteurs. Des sources locales évoquent notamment la stigmatisation et la crainte d’être identifié comme personne vivant avec le VIH.
Dans une ville où les liens sociaux et familiaux sont étroits, certains patients redouteraient que leur fréquentation régulière d’une structure de santé permette à leur entourage de connaître leur statut sérologique.
Selon les mêmes sources, certaines personnes choisiraient de se rendre en Guinée équatoriale ou au Cameroun pour poursuivre leurs soins, dans l’objectif de préserver leur anonymat.
A l’hôpital de Bitam on souligne toutefois que ces hypothèses méritent d’être davantage documentées. Les causes exactes des interruptions de suivi — déplacements, changement de structure, difficultés sociales, stigmatisation ou interruption volontaire du traitement — restent à identifier précisément.
Pour les équipes de santé, l’objectif est désormais double : retrouver les patients perdus de vue et renforcer leur accompagnement.
L’enjeu ne se limite pas à l’accès aux médicaments. Il s’agit aussi de créer un environnement suffisamment confidentiel et rassurant pour encourager la continuité des soins.
Avec 70 personnes ne poursuivant plus leur traitement au sein du dispositif entre 2024 et 2026, les données de l’hôpital départemental de Bitam constituent un signal d’alerte pour les autorités sanitaires du département.

