Camp de Boys : Mort de Jérôme ITOKA, retour sur un litige foncier de 40 ans.

Le décès de Jérôme Désiré ITOKA, retrouvé sans vie le 4 juillet 2026 sur une parcelle du quartier Camp de Boys à Batterie IV dans le premier arrondissement de Libreville, relance le débat autour d’un conflit foncier qui dure depuis plusieurs décennies d’après nos confrères de la presse judiciaire.
Selon les héritiers de Jean-Claude ALLOYE, l’origine du litige remonte à 1985. Avant son départ pour la France, Jean-Claude ALLOYE aurait confié à son ami Ayo ADIBET la somme de 100 000 FCFA pour le bornage d’une parcelle familiale occupée depuis 1971.
Les héritiers accusent Ayo ADIBET d’avoir fait établir le bornage à son nom et de ne pas en avoir informé Jean-Claude ALLOYE. Interrogé, Ayo ADIBET n’a pas pu être joint. Il résiderait actuellement en France.
Après le décès de Jean-Claude ALLOYE en 2010, la parcelle a été vendue par Ayo ADIBET à Mbaye ABDOUL KHADIR. En 2013, ce dernier a revendu le terrain à Bakenda, promoteur de la SCI Équateur Power.
Les héritiers contesteraient la validité de deux pièces : une Attestation de transfert du 21 août 1985 et un document intitulé « Entente ». Ils relèvent des incohérences : erreur d’orthographe sur le nom « ALLOYE », différences de signatures, et absence de témoins lors de la rédaction.
Ils affirment également n’avoir jamais retrouvé les maisons qui auraient dû leur être attribuées à Ozoungué en contrepartie, malgré des demandes auprès des autorités.
De 2010 à 2024, Jérôme Désiré ITOKA et les autres héritiers ont multiplié les démarches : plaintes, dénonciations pour faux et usage de faux, demandes de vérification.
En 2024, la famille ALLOYE a été entendue à la Brigade Spéciale de Police Judiciaire puis déférée au parquet suite à une plainte déposée par M. Bakenda. La famille indique avoir de nouveau soulevé les irrégularités présumées, sans obtenir de décision sur le fond.
Le 4 juillet, Jérôme Désiré ITOKA a été retrouvé mort sur la parcelle litigieuse, alors sous surveillance. Le Procureur de la République et la police scientifique se sont rendus sur place. Une autopsie a été ordonnée afin de déterminer les causes du décès. Une enquête judiciaire est ouverte.
À ce stade, aucune responsabilité pénale n’a été établie. La justice devra déterminer les faits et les responsabilités dans ce dossier.


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