Dans le sport, les nations qui veulent gagner ont compris une chose essentielle : on ne se prive jamais des meilleurs talents. En regardant cette Coupe du monde, je me suis rendu compte que de nombreuses sélections, qui hier encore tenaient à préserver une certaine homogénéité identitaire, alignent aujourd’hui des joueurs d’origines diverses, notamment d’origine africaine. La France en est l’exemple le plus emblématique. Ses plus grands succès récents ont été portés, entre autres, par des joueurs issus de l’immigration africaine. Le message est clair : lorsqu’il s’agit de gagner, les préjugés s’effacent devant le talent.
Dans l’économie mondiale, la logique est similaire. Les grandes puissances savent que l’Afrique est un continent stratégique. Elles convoitent ses minerais, son pétrole, son bois, son manganèse, son uranium, son cobalt, son lithium, sa jeunesse et son immense potentiel humain. Depuis des décennies, elles construisent une partie de leur prospérité grâce aux richesses africaines, souvent avec la complicité de dirigeants africains.
Le constat est donc saisissant : beaucoup d’autres reconnaissent la valeur de l’Afrique et des Africains. Ils recherchent leurs talents lorsqu’il s’agit de remporter des trophées. Ils recherchent leurs ressources lorsqu’il s’agit de développer leurs économies. Ils savent ce que vaut l’Afrique.
Le drame est que celui qui doute encore de la valeur de l’Africain est souvent… l’Africain lui-même.
C’est pourquoi Malcolm X avait vu juste lorsqu’il déclarait : « Lorsque le Noir respectera le Noir, plus jamais personne ne nous dominera. »
Cette phrase ne parle ni de haine ni de supériorité. Elle parle de conscience. Elle parle de dignité. Elle parle de solidarité. Elle nous rappelle qu’aucun peuple ne peut être libre tant qu’il ne croit pas en sa propre valeur.
Le jour où l’Africain respectera l’Africain, défendra l’Africain, investira dans l’Africain et fera confiance au génie africain avec la même conviction que les autres savent utiliser ce génie lorsqu’il sert leurs intérêts, alors le rapport de force changera. Ce jour-là, l’Afrique cessera d’être le réservoir de richesses des autres pour devenir une puissance qui crée sa propre prospérité.
Le monde a déjà compris la valeur de l’Africain. Il est temps que l’Africain la comprenne lui-même.

