La décision du Gouvernement de mobiliser la Garde Républicaine, les Sapeurs-Pompiers et le Génie Militaire pour distribuer l’eau potable est perçue comme un acte de fermeté. Sur le terrain, le dispositif se heurte déjà à des limites techniques et logistiques qui interrogent sur son efficacité à moyen terme.
Le Ministère a mis en place le 18 comme unique canal de commande pour le Grand Libreville. L’intention est claire : centraliser et sécuriser la distribution.
La réalité est autre. Le 18 sonne en permanence ‘occupé’. »
Avec un besoin estimé à plusieurs centaines d’appels toutes les 15 minutes pour couvrir Libreville, Akanda, Owendo et Ntoum, un seul numéro ne peut absorber la charge. Résultat : des familles restent sans réponse pendant que la pénurie s’aggrave.
Selon plusieurs ménages, le stress hydrique réel est « sous-estimé donc faux ». Une famille consomme en moyenne 2 cuves de 1000L par semaine, faute d’une goutte d’eau au compteur SEEG.
Or, les camions-citernes, même mobilisés jour et nuit, ne pourront couvrir l’ensemble des zones, surtout les plus enclavées. La logistique militaire est disciplinée, mais elle n’a pas été dimensionnée pour remplacer un réseau de distribution d’eau d’une capitale de plus d’un million d’habitants.
Le dispositif met la force publique au cœur de la réponse. Il ne dit rien, en l’état, sur l’encadrement des livreurs privés, la qualité de l’eau transportée, ni sur les sites d’approvisionnement.
En l’absence de contrôle, l’urgence risque de se transformer en un nouveau marché parallèle, avec les mêmes dérives tarifaires que celles que l’État veut combattre.
La détermination du Président de la République à garantir l’accès à l’eau est actée. Mais comme le souligne un observateur : « cette mesure se révèle très vite inopérante, inefficace et vienne plutôt en rajouter au manque d’eau dans de milliers de familles ».
La prochaine étape ne sera pas uniquement sécuritaire. Elle sera organisationnelle : dimensionner les centres d’appel, cartographier les besoins, encadrer la filière privée et accélérer la remise en état du réseau SEEG. Sans cela, l’urgence d’aujourd’hui risque de devenir la routine de demain.
Réf : END. Journaliste.
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