Pemière sortie de l’association « AFECE » : Interview de Nathalie Mba, présidente de l’Association des Femmes Ekang Cadres de l’Estuaire.

Le samedi 20 juin 2026, l’Association des Femmes Ekang de l’Estuaire a organisé une journée culturelle en hommage aux femmes fangs, cadres et pionnières d’une société dont la gestion était réservée aux hommes. Une journée où il fallait démonter les stéréotypes pour réécrire la vraie histoire d’une gente très souvent peu applaudie.

La presidente de l’association Nathalie MBA a donné le sens de cette cérémonie d’hommage au micro de notre correspond .

7Jours Info : Madame, bonjour.

Nathalie Mba : Bonjour.Je m’appelle Nathalie Mba, épouse Ngoua Bekale. Aujourd’hui c’est la première édition de « AFECE ».

Ce qui m’a amenée à créer l’association, c’est un stéréotype plus que blessant qui parle très mal des femmes Fang de l’Estuaire. On dit d’elles qu’elles passent plus de temps dans les temples de Bwiti et dans les bars plutôt que dans des actions constructives.

Donc l’objectif pour lequel nous avons créé l’association, c’est de lever ce stéréotype et de montrer réellement ce que faisaient les femmes Fang de l’Estuaire autrefois.

7Jours Info : Justement, en parlant des femmes Fang, on remarque que la politique est très présente. Qu’est-ce que vous préconisez pour sortir de ce cadre-là ?

NM : Pour sortir de ce cadre, nous devons faire exactement ce que faisaient nos mamans avant. Celles qui avaient fréquenté, elles étaient un peu partout : il y avait des administratives, des commerçantes, des tradis-praticiennes, il y avait aussi des religieuses.

Donc nous voulons reprendre ces images que nos mamans et nos grands-mères portaient autrefois. C’étaient des femmes battantes et travailleuses. Elles faisaient tout en même temps : elles travaillaient, elles étaient dans l’administration, dans les champs, et elles apprenaient aussi la couture à leurs enfants. C’étaient des femmes combattantes.

7Jours Info : Est-ce qu’on peut avoir quelques noms de ces femmes qui ont marqué l’histoire des femmes Fang de l’Estuaire ?

NM : Tout à fait. Nous avons déjà Madame Pauline Mefoumane, première dame  ministre du Gabon. Il y a également la première sœur religieuse à l’Immaculée Conception, Sœur Maria Pia, que beaucoup ne connaissent pas du tout. Il y avait aussi Sœur Scholastica, religieuse à Donguila. Pour ceux qui ont fréquenté Donguila, ils la connaissent vraiment.

Nous avons aussi les membres fondatrices du groupe socioculturel Nkolengong. Elles étaient nombreuses à la création de ce groupe. Nous avons la première femme gendarme, Madame Oyane. Et la première commerçante, celle qui a créé le marché de Nkembo, Madame Taderi. Madame Assong Nzoghe alias Maman Dédé,Elles sont nombreuses, ces pionnières dans l’action des femmes Fang de l’Estuaire.

7Jours Info : Un appel particulier à cette génération qui semble, dit-on, « perdue » ?

NM :L’appel pour la génération qui semble perdue, c’est justement de copier ce que nos mères et grands-mères ont fait autrefois. C’est le meilleur exemple. Pour enlever ce stéréotype qui dit aujourd’hui des femmes Fang de l’Estuaire qu’elles sont des spécialistes de bars et de temples de Bwiti.

Merci, Madame.



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