L’association AFECE rend hommage aux femmes Fang de l’Estuaire et brise les stéréotypes.

L’association des Femmes Ekang Cadres de l’Estuaire (AFECE) a lancé le samedi 20 juin 2026, la première édition de la journée « Okoua ».

Devant un public venu nombreux, Nathalie MBA Épouse Ngoua Bekale, membre fondatrice et présidente de l’association, a planté le décor : rendre à l’histoire ce qu’on lui a trop souvent tu.

« Avant toute chose, merci. Merci du fond du cœur. Merci de votre présence, merci de votre confiance », a lancé la présidente, visiblement émue.

« Okoua», mot choisi pour le nom de l’événement, signifie « autrefois » ou « jadis » en langue Fang. Un choix assumé : « Nous l’avons choisi parce qu’il porte la mémoire vive de nos dévancières. Cette journée AFECE, c’est un vibrant hommage aux femmes Fang de l’Estuaire, ces femmes que l’on oublie trop souvent dans l’histoire de notre propre province».

Lever un préjugé « blessant »
L’objectif de l’association est clair pour Nathalie  Ngoua Bekale : rétablir la vérité.

« Aujourd’hui, un stéréotype plus que blessant circule : on dit d’elles qu’elles passent plus de temps dans les bars et dans les temples de Bwiti, plutôt que dans l’action constructive. Ce préjugé nous fend le cœur et ne nous rend pas service».

Face à cela, « nous, les femmes Fang de l’Estuaire, ces femmes que nous avons autrefois connues, aimées, admirées, nous avons décidé d’agir. Nous avons créé AFECE comme un bouclier et comme une fierté».

La projection qui a suivi le discours de la presidente de l’association a présenté différents visages : administratrices, commerçantes, religieuses, tradis-praticiennes, pionnières.

« Regardez-la avec le cœur, parce que derrière chaque image, il y a une force que l’on a trop souvent tue».

« Des femmes battantes » : l’exemple des aînées
En interview après le discours, la présidente est revenue sur les modèles qui ont inspiré l’association :

« Nos mamans avant, celles qui avaient fréquenté, elles étaient un peu partout. Il y avait des administratives, des commerçantes, des religieuses. C’étaient des femmes battantes et travailleuses. Elles faisaient tout en même temps : travail, administration, champs, et elles apprenaient la couture à leurs enfants».

Parmi les figures citées :
1.Madame Pauline Mba, première dame du Gabon.
2. Sœur Maria, première sœur religieuse à l’Immaculée Conception.
3. Sœur Scholastica, religieuse à Donguila.
4. Madame Oyane, première femme gendarme.
5. Les fondatrices du groupe socioculturel Nkolengong et la créatrice du marché de Nkembo, pionnières du commerce.

« Pour sortir de ce cadre, nous devons faire exactement ce que faisaient nos mamans avant. C’est justement de copier ce que nos mères et grands-mères ont fait autrefois. Et enlever ce stéréotype des femmes Fang de l’Estuaire, spécialistes de bars et de temples de Bwiti», martelé Nathalie MBA.

L’association veut poser un acte de mémoire, mais surtout d’avenir. Relever l’image, donner des modèles, et rappeler que l’histoire des femmes Fang de l’Estuaire ne se résume pas à un cliché.



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