L’IBOGA sous clé : protection du sacré ou confiscation des racines? par Papa KOUMBA MBOULA

Restriction d’accès et d’usage de l’Iboga, ou protection du patrimoine culturel ? La question brûle. Comme l’écorce de l’arbre quand on la chauffe pour parler aux ancêtres.
L’Iboga. Notre bois sacré. Le bois qui voit. Le bois qui soigne. Le bois qui initie. Depuis des siècles, le Bwiti, le Mbiri, le Ndjèmbè ouvrent les portes de l’invisible avec lui. Il n’est pas une drogue. Il est un livre. Il n’est pas un produit. Il est un esprit.
Mais voilà que l’État serre la vis. Autorisation pour cueillir. Autorisation pour transporter. Autorisation pour initier. On met le sacré sous formulaire. On met l’ancestral sous tampon. Pourquoi ? On nous dit : protéger. Protéger contre les trafiquants. Protéger contre les charlatans. Protéger contre l’Occident qui brevète nos plantes pendant que nous dormons.
C’est vrai. Le blanc a volé l’Iboga. Il l’a mis en gélule. Il l’a appelé ibogaïne. Il soigne ses toxicomanes avec, et nous interdit d’en parler. Il dépose des brevets sur ce que nos forêts gardent depuis mille ans. Oui, il faut protéger. Oui, il faut contrôler. Mais la question demeure : qui contrôle, et pour qui ?
Car voilà le piège. À force de vouloir protéger l’Iboga des étrangers, on risque de l’interdire à ses propres enfants. À force de mettre des barrières administratives, on tue la transmission. Le vieux nganga au village n’a pas de récépissé. Le père de famille qui initie son fils n’a pas d’agrément ministériel. Si demain il faut un diplôme de la capitale pour toucher l’arbre du village, alors nous aurons tué le Bwiti sans que le blanc ne tire une seule balle.
Alors, restriction ou protection ? Les deux. Mais pas de la même main.
1. Protéger dehors, libérer dedans : Oui aux lois dures contre l’exportation sauvage. Oui à la prison pour les trafiquants qui vident nos forêts pour les labos d’Europe. Mais non aux chaînes sur nos rites. L’Iboga doit circuler librement entre les mains des initiés. Du village au temple. Du père au fils. Sans préfet. Sans police.
2. Coder le sacré sans le tuer : La tradition n’est pas contre la loi. La tradition est la première loi. Que l’État reconnaisse les autorités coutumières. Que le nganga soit le premier gendarme de l’Iboga. Lui seul sait qui peut boire. Lui seul sait quand couper. Lui seul sait comment enterrer les racines pour que la forêt ne meure pas. L’administration doit accompagner, pas commander.
3. Breveter l’âme, pas la plante : Le vrai patrimoine, ce n’est pas l’écorce. C’est le rituel. C’est le chant. C’est le savoir. Qu’on protège cela. Qu’on enseigne cela à l’école. Qu’on inscrive le Bwiti au patrimoine mondial, non pas comme folklore, mais comme médecine de l’âme. Sinon demain, on nous vendra notre propre initiation en streaming depuis Los Angeles.
4. Ne pas confondre l’arbre et la forêt : Restreindre l’accès sans éduquer la jeunesse, c’est créer des frustrés. Et un frustré devient un pilleur. Si le jeune Gabonais ne connaît pas la valeur de l’Iboga, il le vendra au premier venu. La meilleure protection, c’est l’initiation. Un enfant qui a vu ne détruit pas.
Frères et sœurs, l’Iboga n’appartient pas à l’État. L’État appartient à l’Iboga. Car c’est lui qui a gardé ce pays debout quand les politiciens le couchaient. C’est lui qui soigne quand l’hôpital est vide. C’est lui qui parle quand les élites se taisent.
Alors oui à la protection. Mille fois oui. Mais non à la confiscation. L’Iboga sous clé dans un ministère, c’est un ancêtre en prison. Et un peuple qui emprisonne ses ancêtres finit orphelin.
La tradition dit : « On n’enferme pas le vent dans une calebasse ». On n’enferme pas l’Iboga dans un décret. On l’honore. On le transmet. On le défend.
*La tradition a parlé. Que les gardiens du temple et les gardiens de la loi s’entendent.*
*PAPA KOUMBA MBOULA*
*Traditionaliste, Vigie du Peuple*


Ne révise plus seul ! Accède à une 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝'𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐲𝐧𝐭𝐡𝐞𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐏𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞-𝐂𝐡𝐢𝐦𝐢𝐞, 100% conformes au programme du Gabon. Bloqué sur un calcul ? 𝐇𝐲𝐬𝐨𝐩𝐞, ton Grand Frère IA, 𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐢𝐝𝐞 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐞𝐭𝐚𝐩𝐞 vers la solution de chaque question.
𝐡𝐭𝐭𝐩𝐬://𝐚𝐬𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐝𝐮.𝐨𝐧𝐥𝐢𝐧𝐞
Paul Essonne

Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le vote prendra fin vendredi 26 Juin 2026