« Par une heureuse coïncidence , ou faudrait-il dire, par un sursaut tardif mais salutaire , *l’ordonnance n°0004/PR/2026 du 26 février 2026* portant Code de la nationalité gabonaise vient rappeler une évidence que certains semblaient avoir reléguée aux archives : une nationalité n’est ni un gadget administratif, ni une récompense de circonstance.
À la lecture du texte, le constat se révèle : le Gabon s’est enfin doté d’un instrument juridique digne de ce nom. Clair, structuré, méthodique , presque suspect de sérieux, diront les esprits chagrins , ce Code tranche avec les approximations d’antan.
Les définitions y sont précises, les procédures balisées, les conditions d’accès rigoureusement encadrées. Autrement dit, un texte qui semble avoir été écrit pour être appliqué, ce qui, en soi, constitue déjà une nette révolution.
Il faut ici rendre justice , sans excès, mais sans fausse modestie ,aux conseillers juridiques à la manœuvre. Leur travail, manifestement approfondi, a permis de produire un corpus normatif à la fois solide et intelligible. Une rareté dans un environnement où la complexité sert parfois de refuge à l’imprécision.
Sur le fond, le nouveau Code opère un rééquilibrage que l’on pourrait qualifier de… avisé . Oui, le Gabon reste ouvert. Oui, la coopération internationale demeure une nécessité. Mais non, la nationalité ne saurait être distribuée à tour de bras comme un laissez-passer universel.
Désormais, elle suppose intégration, moralité, contribution et respect des intérêts supérieurs de l’État. Une position qui, loin d’être exceptionnelle, aligne enfin le pays sur ce que pratiquent , discrètement mais fermement ,la plupart des nations.
Car il faut bien le reconnaître : l’histoire de la nationalité gabonaise n’a pas toujours brillé par sa constance. Entre les classifications de Léon Mba( gabonais d’origine ou d’adoption), les ouvertures pragmatiques d’Albert Bernard Bongo( dans son petit livre vert les étrangers pour leur force de travail)et les largesses plus contemporaines d’ali Bongo en faisant de certains des rois (nkani)dans l’une de nos pratiques culturelles et des bradeurs de nos ressources forestières(lee white ) sic, le curseur a parfois oscillé au point de perdre de vue l’indispensable. Le présent texte ne renie pas cet héritage ; il en fait le tri. Et ce tri, disons-le, était devenu nécessaire.
L’un des apports déterminants de cette ordonnance réside dans sa capacité à anticiper , enfin , les dérives. Car oui, certains bénéficiaires d’hier ont su, avec un zèle parfois mal inspiré, exporter à l’international des comportements peu compatibles avec l’image d’un État souverain. En encadrant strictement l’acquisition et en prévoyant des mécanismes de retrait, le législateur ne fait rien d’autre que protéger ce qui aurait toujours dû l’être : la crédibilité nationale.
Ajoutons que cette réforme ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans le prolongement des aspirations exprimées lors du Dialogue national d’Angondjé. Traduction juridique d’une volonté populaire, elle consacre un principe simple : la souveraineté ne se proclame pas, elle s’organise.
Dans ce contexte, il serait malvenu de bouder les efforts entrepris sous la 5e république. Les équipes juridiques ont fait leur part. Le Président de la République, en impulsant cette réforme, a pris une direction que l’on ne peut qu’encourager : celle d’un État plus lisible, plus cohérent et osons le mot ,plus rigoureux.
Au final, ce nouveau Code ne révolutionne pas le monde. Il fait mieux : il remet de l’ordre. Et dans un domaine aussi sensible que la nationalité, remettre de l’ordre relève moins de l’exploit que du devoir. Encore fallait-il s’y atteler. C’est désormais chose faite. »
Clay martial OBAME AKWE
Journaliste essayiste
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