« Il fut un temps où les bagarres d’adolescents se terminaient par un mot d’excuse, une poignée de main, et un rappel à l’ordre du proviseur.
Aujourd’hui, elles se terminent à l’hôpital.
Et parfois, sous le regard des caméras de téléphone.
Warren a quinze ans. Quinze ans, c’est l’âge où la vie devrait encore être un rêve.
Mais il a reçu la brutalité d’une époque où l’insouciance a disparu, remplacée par la violence comme moyen d’exister.
Nous avons fabriqué une génération qui confond la force et la brutalité,
le courage et la cruauté,
l’admiration et le buzz.
Une génération qui filme la honte plutôt que de la freiner.
Et pendant ce temps, nous défilons sur les réseaux, entre indignation sincère et indignation saisonnière,
tandis que la question reste : comment protéger nos enfants, ici et maintenant ?
L’école n’est plus un sanctuaire.
C’est devenu le reflet exact de notre société : désinvolte, fragmentée, parfois cruelle.
On y apprend à lire, certes, mais plus à vivre ensemble.
Et certains diront : « Ce sont des enfants de bonnes familles ».
Faux. La violence n’a pas de classe. Elle a juste trouvé un terrain où elle n’est plus punie.
Ce constat traverse les établissements publics comme les privés, et tous nos enfants peuvent en être victimes.
Justice pour Warren, évidemment.
Mais au-delà, conscience pour nous tous.
Parce que si nos enfants se battent entre eux, c’est peut-être qu’ils reproduisent, sans le savoir, la violence d’une société que nous avons laissé dériver. »
Stéphane Perrin Ntoutoume Emane-Actur de la Société Civile.

