« Depuis plus de sept ans déjà, un citoyen gabonais, Michel Ikamba, vit une tragédie diplomatique que nul n’ose nommer. Ce n’est plus une affaire privée, ni un simple différend locatif : c’est le symptôme d’une faillite politique et morale. Une ambassade étrangère celle du Bénin a occupé, exploité puis spolié la propriété d’un Gabonais, tout en accumulant des années d’impayés, sous le regard muet des autorités de mon pays.
Les preuves sont là, publiques, datées, incontestées. Des jugements ont été rendus, des mises en demeure signées, des correspondances échangées entre Libreville et Cotonou, et même une instruction présidentielle émise le 28 octobre 2024 par le Haut-Représentant du Chef de l’État. Douze mois plus tard, aucune exécution, aucune réaction, aucune justice. Ce silence est une offense.
Ce dossier, déjà relayé par Gabon Review, GMT, Gabonews et d’autres plateformes, ne peut plus être traité comme une simple “anomalie administrative”. Il engage la dignité de la République gabonaise, désormais dirigée par un Président élu, Brice Clotaire Oligui Nguema
Quand une ambassade étrangère peut s’installer, refuser de payer, ignorer des décisions de justice, et repartir sans conséquence, c’est la souveraineté du Gabon qu’on piétine. Quand nos ministères gardent le silence malgré les notes officielles, c’est l’État tout entier qui abdique.
Quand nos tribunaux tranchent mais que leurs décisions ne sont pas exécutées, c’est la justice elle-même qui s’éteint. Et quand nos diplomates observent sans agir, c’est la dignité de chaque Gabonais qu’on trahit.
Le cas Ikamba n’est donc pas un fait divers.
C’est un miroir. Il révèle comment l’impunité étrangère prospère dans le désordre national. Il montre qu’au Gabon, la faiblesse institutionnelle ne s’exprime pas seulement face aux puissances occidentales, mais même face à des représentations africaines. L’arrogance béninoise n’aurait jamais prospéré sans la complicité passive de notre propre appareil d’État. Le vrai scandale n’est pas que le Bénin ait été injuste, mais que le Gabon ait été indifférent.
Aujourd’hui, Brice Clotaire Oligui Nguema est le Président élu, donc comptable devant le peuple. Son silence sur ce dossier équivaut à une caution morale. Car en laissant perdurer cette humiliation, le pouvoir gabonais envoie un message terrible : qu’un Gabonais peut être piétiné chez lui sans que la République ne lève le petit doigt. L’histoire retiendra qu’un homme, Michel Ikamba, a affronté seul deux États, et que le sien a préféré détourner le regard.
Cette affaire doit cesser d’être un murmure. Elle doit devenir un symbole. Un symbole de résistance citoyenne contre le mépris diplomatique, un rappel que la dignité d’une nation se mesure à la manière dont elle protège les plus faibles de ses enfants. Il ne s’agit plus de loger une ambassade, mais de restaurer l’honneur d’un peuple.
Le Gabon ne peut prétendre incarner la “renaissance” tant qu’il tolère qu’un simple bail devienne un acte de spoliation impunie. À ce niveau, l’omission n’est plus une erreur : c’est une faute d’État. »
Jean Kevin NGADI, Analyste politique engagé, lanceur d’alerte et observateur de la vie publique gabonaise.

