Sur une base annuelle, la Caisse des Pensions et des Prestations Familiales (CPPF) dispose d’un budget de 173 milliards de FCFA pour 2025, dont environ 147 milliards sont directement alloués au versement des pensions. Ce chiffre met en lumière la part très majoritaire des pensions dans les charges de la CPPF, et souligne l’importance de maîtriser cette dépense dans le cadre des finances publiques.
Cependant, malgré l’engagement affiché de régularité dans les paiements, la CPPF est confrontée à des lacunes comptables importantes. Un Conseil d’administration extraordinaire, tenu le 8 septembre 2025 à Libreville, a examiné et adopté les rapports d’audit des cabinets CIFECA et FORVIS MAZARS, portant sur les états financiers des exercices 2015 à 2018 pour le premier, et de 2020 à 2022 pour le second. Parmi les constats : absence de pièces comptables pour 2014, schémas comptables incomplets, absence des états financiers pour certains exercices, et suivi insuffisant des créances de cotisation de l’État.
Parmi les avancées notables, on peut signaler que les rapports comptables des exercices 2015 à 2022 ont été adoptés avec les réserves émises par les commissaires aux comptes. En outre, les états financiers de 2019 avaient déjà été certifiés par le cabinet Price Waterhouse & Coopers. Ceci marque une volonté de transparence et de remise à niveau dans la gouvernance de la CPPF, essentielle à la confiance des retraités et au bon usage des ressources publiques.
En conclusion, bien que le Gabon assume aujourd’hui des charges de pensions considérables, l’enveloppe financière et la régularité des paiements ne doivent pas occulter les défis persistants : fiabilité des données comptables, transparence, et responsabilisation dans la gestion. Seule une gouvernance renforcée, accompagnée d’audits réguliers et d’une mise à jour des états financiers, pourra assurer la pérennité du système et éviter les dérives.

