La production de manganèse au Gabon a connu une nouvelle contraction en 2024. Selon les données publiées par le ministère de l’Économie, elle s’est établie à 9,44 millions de tonnes, en baisse de 5,3 % par rapport à l’année précédente. Ce repli, le deuxième consécutif, reflète un contexte marqué à la fois par des contraintes internes et des difficultés à l’échelle internationale. Toutefois, la résilience des prix sur le marché mondial a permis d’atténuer l’impact sur les recettes du secteur.
Sur le plan national, plusieurs facteurs ont pesé sur la performance du secteur minier. La mise en œuvre du Projet de Remise à Niveau du Transgabonais a ralenti l’acheminement du minerai au premier trimestre, perturbant la chaîne logistique. À cela se sont ajoutés le vieillissement des infrastructures minières, notamment à Ndjolé, ainsi que les retards dans l’octroi des autorisations pour l’exploitation des gisements de Biniomi et Bordeaux. Autant d’éléments qui ont limité la capacité de production.
Au niveau international, la situation n’a pas été plus favorable. Pour stabiliser un marché saturé, un arrêt volontaire de trois semaines des activités à Moanda a été décidé, en complément de la suspension des opérations de l’australien GEMCO. Cette stratégie a permis de contenir les stocks et de soutenir les cours, mais elle s’est traduite mécaniquement par une baisse des exportations et des ventes, en recul respectivement de 9,8 % et 10,3 % sur un an.
Sur le plan financier, le chiffre d’affaires du secteur s’est élevé à 797,9 milliards de FCFA, en retrait limité de 1,8 %. Cette relative stabilité s’explique par la progression du prix moyen du minerai, passé de 85 709 FCFA/tonne en 2023 à 94 233 FCFA/tonne en 2024, soit une hausse de 9,9 %. Malgré ce contexte difficile, la filière manganèse demeure un pilier des recettes d’exportation du Gabon. La relance de la production dépendra désormais de l’achèvement du PRN et de la mise en exploitation des nouveaux gisements.

