Polémique autour de la mise en liberté provisoire de Sylvia Bongo et son fils: Eddy Minang recadre et renvoie l’avocat indélicat à ses chères études.

Le procureur général près la cour d’appel de Libreville, Eddy Minang a réagi avec force et vigueur aux propos outrageux de l’avocat et conseil de Sylvia Bongo et son fils, lors de la conférence de presse qu’il a organisée le mercredi 23 juillet 2025, pour rétablir la vérité et dénoncer les attaques  dirigées contre la justice gabonaise par certains conseils de la défense, dont l’avocat français Pierre-Olivier Sur.
 
Le Procureur général a tenu à revenir sur les fondements juridiques ayant permis la mise en liberté provisoire des deux prévenus. Une mesure, selon lui, pleinement encadrée par le Code de procédure pénale gabonais, notamment à l’article 143, qui en autorise l’application à tout moment de la procédure, dès lors que les conditions de l’article 132 sont réunies. Il a par ailleurs démenti formellement toute notion d’interdiction de sortie du territoire
S’appuyant sur les articles 132 et 143 du Code de procédure pénale gabonais, il a rappelé que cette décision peut être sollicitée à tout moment, « indépendamment de la gravité des faits ou de la lourdeur des charges », et accordée si les conditions sont réunies. « Je persiste ici qu’en droit pénal gabonais, il existe bel et bien la liberté provisoire et la détention préventive, et que je n’ai commis aucune erreur de droit », a-t-il tranché.
Eddy Minang a adressé une réplique à l’avocat français, qu’il accuse d’avoir tenu des propos indignes à l’encontre d’un magistrat africain. Il rappelle que les auxiliaires de justice sont tenus, en France comme au Gabon, à des devoirs éthiques de respect et de modération, y compris dans leurs prises de parole publiques. «Si alléchants soient-ils, les honoraires des clients ne doivent pas faire oublier à un avocat qu’il doit en toutes circonstances faire preuve de délicatesse, particulièrement lorsque sa qualité est connue», a-t-il insisté, s’appuyant sur un arrêt de la Cour de cassation française du 14 octobre 2010.

 

Il a également évoqué des précédents similaires, accusant Maître Sur d’avoir déjà, en 2013, injurié un procureur sénégalais et même le président de la République du Sénégal avant d’être contraint à des excuses. À Libreville, le procureur n’exclut pas de saisir le bâtonnier de Paris.

 

Mais au-delà de la défense de la procédure et de l’éthique judiciaire, c’est la charge la plus symbolique du procureur Minang qui a marqué les esprits. Dénonçant le ton condescendant de certains avocats occidentaux, il a raillé le « complexe de supériorité » que cultivent certains juristes français à l’égard des magistrats africains. «Ce complexe, fondé uniquement sur l’histoire coloniale et la couleur de peau […] devrait cesser. Nous avons les mêmes compétences et avons souvent étudié dans les mêmes universités», a-t-il lancé.

Et de rappeler avec une ironie mordante que Maître Sur, qui l’accuse d’incompétence, a étudié à Paris II Panthéon-Assas — la même université où lui-même a soutenu sa thèse de doctorat, avec les félicitations du jury. « Cet avocat est et restera mon étudiant. Je suis d’ailleurs disposé, s’il le souhaite, à l’encadrer sur les plans pédagogique et professionnel », a-t-il conclu, sous les rires étouffés de la salle.

 

Si le procureur n’a pas nié les critiques plus générales adressées à l’institution judiciaire, il a refusé de voir en elles la preuve d’un effondrement. Face aux accusations de tortures, de vidéos clandestines et d’une magistrature « à genoux », Eddy Minang a rappelé que la justice gabonaise travaille dans un contexte complexe, mais reste souveraine. « Les institutions judiciaires gabonaises n’ont pas à rougir. Elles appliquent la loi, et rien que la loi», a-t-il conclu, appelant à un dialogue entre professionnels du droit fondé sur le respect mutuel, au-delà des postures politiques et des relents néo coloniaux.

 

 

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