Une nouvelle approche pour la gestion durable des tourbières avec le projet GEF-7

Le Gabon renforce sa stratégie de préservation des écosystèmes forestiers à travers le lancement du projet ProTG (Projet exploratoire sur les tourbières du Gabon), présenté récemment par le Laboratoire de Géomatique, de Recherche Appliquée et de Conseil (LAGRAC) de l’Université Omar Bongo. Inscrit dans le cadre du programme GEF-7, cette initiative vise à transformer la gouvernance des paysages forestiers dans le corridor écologique du Bas Ogooué et du Bas Nyanga. Elle s’inscrit dans une dynamique de recherche et d’action pour une meilleure gestion des tourbières, ressources encore peu connues mais essentielles à l’équilibre environnemental du pays.

Le projet ProTG est soutenu par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et le Bureau gabonais du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il ambitionne de caractériser les tourbières du Gabon afin d’en proposer des mesures concrètes de conservation et de gestion durable. Parmi les activités prévues figurent la cartographie de ces zones humides, l’évaluation de leurs stocks de carbone, l’étude de leurs typologies et usages socio-économiques, ainsi que l’identification des menaces pesant sur leur intégrité écologique.

En 2025, le projet sera mis en œuvre dans les provinces du Moyen-Ogooué, de l’Ogooué-Maritime et de la Nyanga, couvrant une vaste zone de 91 779 km². Il s’étendra à la Ngounié dès 2026. Les tourbières, riches en matière organique issue de siècles d’accumulation, jouent un rôle déterminant dans la régulation climatique, notamment par la captation du dioxyde de carbone et du méthane. Leur dégradation pourrait avoir des conséquences graves telles que la libération massive de gaz à effet de serre et la pollution des nappes phréatiques.

Ce vaste projet repose sur une solide collaboration entre institutions scientifiques, académiques et administratives. Outre le LAGRAC, il mobilise également l’École Normale Supérieure (ENS), la Direction Générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature (DGEPN), ainsi que la Direction générale des écosystèmes aquatiques du Ministère des Eaux et Forêts. Quinze chercheurs confirmés et de nombreux étudiants en Master et Doctorat participent activement aux travaux de terrain et d’analyse.

Avec le projet GEF-7, le Gabon marque une avancée majeure dans la reconnaissance et la valorisation de ses tourbières. En intégrant les connaissances scientifiques à une stratégie de gouvernance environnementale, le pays se positionne comme un acteur engagé dans la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité, tout en favorisant un développement durable respectueux de ses ressources naturelles.

Paul Essonne

Journaliste

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