Après plus de cinquante années de tensions diplomatiques entre le Gabon et la Guinée équatoriale au sujet de la souveraineté sur les îles Mbanié, Cocotier et Conga, la Cour internationale de Justice (CIJ) a enfin rendu son verdict. Ce lundi 19 mai, la haute juridiction des Nations unies a statué en faveur de la Guinée équatoriale, mettant un terme à un contentieux frontalier historique entre les deux pays voisins.
Dans sa décision, la CIJ a rejeté les arguments avancés par le Gabon, notamment l’invocation de la convention de Bata. Selon la Cour, ce texte ne constitue pas un traité ayant force obligatoire dans les relations internationales entre les deux États. Il ne saurait donc être considéré comme un fondement juridique suffisant pour revendiquer la souveraineté sur les îles en litige.
La CIJ s’est appuyée sur la convention du 27 juin 1900, citée par la Guinée équatoriale, qu’elle considère comme le seul document juridique valable pour établir les droits de souveraineté dans cette affaire. D’après cette convention, les îles Mbanié, Cocotier et Conga sont rattachées à la Guinée équatoriale, en tant qu’annexes de son territoire depuis l’époque coloniale.
Ce jugement marque une étape importante dans les relations entre les deux pays et devrait contribuer à apaiser les tensions dans la sous-région. Si cette décision est accueillie avec satisfaction par la Guinée équatoriale, elle représente néanmoins une déception pour le Gabon, qui espérait faire valoir ses prétentions historiques sur ces territoires.
Il reste désormais à observer comment les autorités gabonaises réagiront à ce verdict. L’enjeu est d’autant plus stratégique que ces îles, au-delà de leur importance symbolique, sont situées dans une zone maritime potentiellement riche en ressources naturelles. Le respect de cette décision par les deux parties sera déterminant pour préserver la paix et la stabilité dans le golfe de Guinée.

