La récente déclaration de Jean Ping semble ne pas avoir finie de révéler tout le malaise qu’elle suscite. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder les gesticulations ridicules qui sont offertes à l’opinion publique.
A quels objectifs correspondent la sortie étrange du porte-parole du gouvernement qui pense que c’est en menaçant publiquement Jean Ping et en mettant en garde France 24 que le contentieux au fond sur la situation du Gabon se réglera? Madeleine Berre pense-t-elle vraiment un seul instant que le gouvernement auquel elle appartient pourra prendre le risque explosif de jeter Jean Ping en prison, dans le contexte actuel? Non. Mais pourquoi alors faire cette sortie?
Voici encore une annonce inutile qui ne sera suivi d’aucun fait. Car, punir Jean Ping voudrait également dire que France 24 devrait subir la même chose. Or, le gouvernement gabonais ne dispose d’aucun moyen de pression sur cette chaîne française.
Dans la lignée des réactions épidermiques répondant à la sortie de Jean Ping, on note la mise en place du fameux Haut- commissariat de la République avec à sa tête un myenè de Port-Gentil, pur jus du système Omar Bongo. Visiblement on peut faire du neuf avec du vieux. Cet acte est la consécration même de l’échec des collégiens du bord de mer.
Michel Essongué n’est pas un frondeur. C’est un homme pondéré et accommodant. Or le contexte dans lequel Jean Ping, bras armé d’une stratégie, a depuis lors plongé le pays impose des réactions de même nature. Il est clair qu’à ce niveau, on avance inévitablement vers un dialogue de sourd. Était-ce l’objectif?
Jean Marie Lepen disait » Je préfère mon fils à mon neveu et mon neveu au fils du voisin « . Si en nommant un myenè à ce poste, les manœuvriers ont pensé régler le cas Jean Ping, c’est peine perdue. Cette communauté qui rêve également de la présidence de la République ne va pas donner le parapluie à l’enfant d’autrui quand ses propres enfants, Jean Ping, Barro Chambrier ou Mike Jocktane, sont exposés à la violence de la pluie.
L’échec programmé d’une telle démarche est qu’on assiste à une overdose de myenè dans l’appareil d’État. Pour quel travail ou résultats fournis? Secrétariat général de la présidence de la République, directeur de cabinet du président de la République, premier ministre, ministre de la justice, CNAMGS, etc, etc. Le cas Ping ne va malheureusement pas se résoudre en positionnant cette communauté partout. La politique se fait avec ses réalités et cette option choisie est d’ores et déjà vouée à l’échec. Elle ne correspond à aucun code du pouvoir actuel.
Dans le même ordre d’idées, quelle est aujourd’hui la légitimité et la crédibilité des anciens ou acteurs nommés? Quel est encore leur poids sur l’échiquier politique national et international? Ils ont tellement été malmenés, humiliés qu’il leurs sera difficile de venir défendre leurs pourfendeurs sur la place publique. C’est juste une question de cohérence.
De plus, à moins d’un an de la présidentielle, pourquoi créer une instabilité au sein même du parti démocratique gabonais? Eric Dodo Bounguendza va t’il cumuler les fonctions de Haut-commissaire et de secrétaire général du parti au pouvoir ou il sera tout simplement remplacé? Cette question est fondamentale car l’avenir du PDG en dépend. Cette manœuvre politicienne est politiquement suicidaire.
Enfin, on note toujours l’absence de l’ADN politique d’Ali Bongo Ondimba dans les choix opérés. Où sont les grognards du président de la République? Dans la liste des nominés, on ne retrouve aucun proche politique d’Ali Bongo Ondimba. Comment alors faire croire à l’opinion publique qu’il serait derrière les choix servis?
Les meilleurs soldats du monde ne peuvent remporter aucune guerre s’ils ne sont pas dans les conditions de travail idéales. Autrement dit, autant on reconnait la pertinence individuelle des profils choisis, mais en même temps on sait aussi qu’il leurs sera impossible de vider le Ntem avec des cuillères à café. Le mode de fonctionnement des collégiens du bord de mer et leur source d’inspiration malsaine est incompatible avec la gestion de l’ère Bongo Omarienne.
Aussi, on voit bien que la pression monte pour les collégiens du bord de mer à tel point qu’ils se souviennent de l’existence indispensable des vieux. Hélas, il y a désormais une confusion qui semble s’être installée. Le rétropédalage stratégique à 180 degrés en est la preuve. Malheureusement, les carottes semblent cuites pour ces jeunes qui ont cruellement manqué de sagesse. Ils subiront inévitablement ce que Jean Ping a dû endurer en août 2016 pour avoir soutenu Mouammar Kadhafi.
Le Commonwealth, le rapprochement avec la Russie, le bras de fer avec les instances internationales, notamment la commission des droits de l’homme de l’ONU, l’abstention du Gabon lors des différents votes au conseil de sécurité et à la commission des droits de l’homme des nations unies se paieront cash. Et nous y sommes. Nos anciens, bien qu’expérimentés, ne disposent plus de la même force que du temps d’Omar Bongo Ondimba. Par conséquent, il leurs sera impossible d’aller chercher le pouvoir là où les collégiens du bord de mer l’ont perdu. Hélas…
Par Télesphore Obame Ngomo
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