Liberté Pygmée est un projet artistique et socio-environnemental réalisé à la demande d’une communauté Baka de la réserve de biosphère du Dja, à l’Est du Cameroun. Les changements historiques fondamentaux auxquels la communauté pygmée est confrontée l’ont conduite à commander un projet ambitieux dans le cadre du programme international « Les Nouveaux Commanditaires ». Après un processus de développement de six ans, ce projet sera inauguré le 25 mars 2022.
Le projet prévoit trois changements majeurs dans l’environnement de la communauté : un musée construit sur 80 m2 avec une trentaine d’objets, un circuit botanique et écologique qui s’étend sur près de 24 km en pleine forêt, et une scène où seront interprétés les célèbres chants polyphoniques de la communauté.
Le programme « Les Nouveaux Commanditaires » a été initié au Cameroun par son directeur allemand Alexander Koch, puis mis en œuvre par la communauté Baka de Bifolone (dans le département du Haut-Nyong) sous la médiation du Professeur Germain Loumpet (Cameroun).
Pour rappel, le projet « Liberté pygmée » a été mis en place en 2015 par et au sein de la communauté Baka de Bifolone dans la réserve de biosphère du Dja à l’Est du Cameroun. Il a été choisi et mis en place suite à une série de réflexions et de consultations avec diverses communautés et intelligences dans différentes régions du Cameroun.
Aussi, « Les Nouveaux Commanditaires » sont des mécènes qui soutient des membres de la société civile (groupes d’habitants, membres d’associations, travailleurs, chercheurs, etc.) dans la prise en charge d’une commande à un artiste contemporain. Un médiateur, expert de la scène culturelle, assiste les citoyens (les commanditaires) dans l’élaboration des spécifications artistiques et techniques de la demande et propose l’artiste le plus approprié pour y répondre. Les principes du programme Nouveaux mécènes sont liés à des problématiques sociétales (désertification rurale, revitalisation du lien social, recherche de l’identité d’une communauté ou d’un territoire…). Depuis sa création en 1991, plus de 500 œuvres ont été initiées et produites en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, et en Afrique. Des artistes aux pratiques les plus variées et d’envergure internationale ont été impliqués.
Avec le dispositif des « Nouveaux commanditaires », la commande artistique, traditionnellement réservée aux institutions, évolue. Elle encourage le renouvellement du contrat entre les artistes et la société civile et fédère, sur un territoire donné, un système de partenaires publics et privés pour la réalisation des œuvres. Afin de répondre aux besoins formulés par les commanditaires et de nourrir leur création, l’artiste entre en contact avec le territoire, son public, ses problématiques, etc. Cette immersion de longue durée sur le terrain fait partie du processus de création. Et comme le rappelle le chercheur Emmanuel Négrier, « les Nouveaux Commanditaires manifestent une utopie, celle qui consiste à faire endosser à la société un rapport de responsabilité artistique qui résulte d’un mouvement ascendant de commande, à l’opposé d’un rapport descendant de réception d’une offre ».

