Un putsch au Sénat : De qui se moque-ton ?

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Palais du Sénat

Le journaliste gabonais Jonas Moulenda a posté ce lundi 2 mars 2020, une vidéo explicative sur la situation embarrassante que vit actuellement la présidente du Sénat Lucie Milébou. En effet,  quand on veut renverser le pouvoir, il faut arriver à créer autour de soi l’illusion de la confiance, du consensus, et de l’inévitabilité des évènements. Force est de constater, pour le moment en tous cas, que ça dure depuis des mois et que ça ne marche pas. 

Jonas Moulenda déclare dans son poste que : « la présidente du Sénat, Lucie Milebou a été sommé de démissionner par la junte au pouvoir, qui voudrait faire la place au vice-président du Sénat, Léonard Andjembé, originaire de la province du Haut-Ogooué. La junte estime que pour assurer la transition qui pourrait être déclarée à la suite de la vacance du pouvoir, seul un ressortissant du Haut-Ogooué en serait capable, pour conserver le pouvoir. Et Léonard Andjembé pourrait être porté au pinacle après la démission éventuelle de Lucie Milebou, originaire par contre de la province de la Ngounié.

Il est hors de question pour la junte que la transition qui pourrait commencer après la vacance du pouvoir prévu pour être déclarée par la Cour Constitutionnelle dans les jours avenirs. Même que la présidente du Sénat a été empêchée de voyager, suite à de réelles menaces lui demandant de démissionner pour laisser la place à son vice-président.

Cette situation n’est pas nouvelle. Du temps du Président de la République Omar Bongo, l’ancien président du Sénat René Radembino Coniquet avait été contraint à la démission parce qu’il ne présentait pas une garantie de loyauté. »

« Lucie Milebou est aussi dans une mauvaise posture du fait que son époux Michel Mboutsou, l’ancien DG de la CNAMGS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale) aurait des relations étroites avec la famille du Président de la République du Congo Sassou Nguessou. Ce dernier en rupture de dialogue avec le despote Ali Bongo.

En effet, la fille de l’ancien DG de la CNAMGS est l’épouse de Christel Sassou Nguesso, le fils du Président du Congo. Cette relation met à mal Ali Bongo. Après l’AVC d’Ali, les services de renseignement avaient tentés de rentrer en possession d’informations sur les échanges entre Michel Mboutsou et son gendre. Parmi ces messages, Christel disait à son épouse d’annoncer à maman, qu’elle avait le soutien de papa. Depuis ce moment, les services secrets qui ont établies des rapports à la Présidence de la République, pensent que Lucie Milebou est susceptible de passer le flambeau de la présidence du Sénat à un ressortissant d’une autre province que le Haut-Ogooué.

Pourtant Lucie Milebou, a des relations très étroites avec la famille Bongo, du fait que depuis étudiante elle a été la maitresse d’Omar Bongo. C’est même ce dernier qui a construit sa clinique Medivision. Lucie Milebou n’a jamais manqué de fidélité à la famille Bongo, mais compte tenu de ses relations avec la famille de Sassou Nguesso à travers la fille de son époux, la junte juge opportun de la faire partir » poursuit le journaliste.

« En outre, il est prévu une modification constitutionnelle et la révision d’un certain nombre d’articles pour les adopter au gout du jour.

D’ailleurs, une plénière à huis clos du Sénat a eu lieu ce lundi 2 mars 2020 en présence des forces de sécurité, des agents spéciaux, de la DGR (Direction Générale des Recherches). Tous les extrémistes Téké sont mobilisés pour faire en sorte que la vacance du pouvoir ne soit pas assurer par Lucie Milebou mais plutôt par Léonard Andjembe qui est un fidèle du PDG. D’ailleurs, la maison qu’il occupe au niveau de Louis dans le 1er arrondissement de Libreville lui a été offerte par Omar Bongo. C’est l’un des extrémistes Téké, conservateur qui n’aimerait pas que le pouvoir puisse tomber dans d’autres mains d’où ces lobbies menés par Marie Medeleine Mborantsuo. C’est elle qui est à la manœuvre aujourd’hui avec André Dieudonné Berre, ses lieutenants comme Ali Akbar Onanga Y’Obeghe et d’autres pénalistes venus d’autres pays notamment la France, qui sont en train de travailler pour le toilettage imminent de la Constitution pour faire en sorte que Lucie Milebou saute. Les thuriféraires du régime estiment qu’ils ont les pleins pouvoirs, et ils ont exercés beaucoup de pression à la présidente du Sénat.

Pourtant réputée être sans problèmes, l’entourage de Lucie Milebou a révélé qu’elle était capable de claquer la porte. Même que des sénateurs comme l’ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong, et le sénateur d’Oyem Jean Christophe Owono Nguema ont décidé d’organiser une sorte de grogne à l’intérieur du Sénat s’il était question de manipuler la Constitution » affirme Jonas Moulenda.

Beaucoup, aujourd’hui, ont conscience que, les choses étant en train de changer, ils cherchent à recréer, en quelque sorte, des chapelles politiques dans l’organisation existante. Simplement, la cohérence pour agir dépend de l’efficacité. Les états d’âme des uns et des autres ne sont pas une priorité. La priorité doit être de convaincre les Gabonais d’accepter une politique à la hauteur de leurs attentes.

Ce poste de Jonas Moulenda ne ferme la porte à personne, comme on l’a noté. Les uns et les autres doivent se prononcés de manière très claire. Ce ne sont pas les décisions des uns ou des autres, qu’elles soient passées ou à venir, qui détermineront ni la Constitution, ni son adoption, ni son application. Notre aspiration doit résider dans l’efficacité pour répondre aux problèmes du pays. Et dans ce contexte-là, il est parfois bon aussi de savoir être maître des horloges.

Il ne faut pas tout confondre, sinon cela veut dire qu’on décide de professionnaliser la vie politique intégralement. Si on professionnalise la vie politique, ça peut construire la déconnexion de nos responsables politiques, qu’ils soient législateurs ou au gouvernement, à l’égard des préoccupations de nos concitoyens et de la réalité des secteurs. Le cas Lucie Milebou doit être rendu publique et qu’il puisse y avoir un débat parlementaire qui n’a pas valeur bloquante parce que notre Constitution est ainsi faite que c’est le président qui nomme, sur proposition du Premier ministre, qu’on puisse organiser d’ailleurs un débat pour que, devant le parlement, il y ait évocation de ce sujet de manière très transparente et extrêmement claire pour lever tout soupçon.

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