Qui pour succéder à Nkoghe Bekale ?

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Alain Claude Bilie By Nzé, Rose Raponda Ossouka Raponda et Anicet Mboumbou Miyakou.

Depuis l’annonce dans Jeune Afrique, relais fidèle du bord de mer,  du départ à la primature  de Julien Nkoghe Bekale dont  la gouvernance n’est pas loin des précédentes, les rumeurs enflent  sur les potentiels premiers ministrables.  Florilège des éventuels remplaçants.

Alain Claude Billyé-bi-Nze

Né à Makokou le 16 septembre 1967, Alain Claude Billié-By-Nze est un enfant issu d’une fratrie de seize enfants. Ancien cadet de la police de l’Escape à Libreville sur proposition du paternel qui avait déjà tracé son avenir, le jeune homme va précipiter son destin de façon spectaculaire, et rabattre toutes les cartes de la volonté paternelle. Et c’est loin d’être fini.

Ancien leader estudiantin, il fera ses premiers « coups » dans ce monde associatif lorsqu’il crée le SEG, le syndicat des étudiants gabonais né dans la mouvance du chaudron des années 1990, avec le multipartisme. L’histoire retiendra d’ailleurs que c’est en 1990, précisément le 17 Janvier que les étudiants vont se révolter et réclamer plus de liberté. Ce  mouvement  va faire chorus avec ceux de la gare routière. Et pour cause, le jeune Alain-claude, était la face émergée du grand iceberg Paul Mba Abessolo, leader des Bûcherons  dont les prêches donnaient du tournis au pouvoir Omarien.

La rencontre avec Paul Mba Abessolo en 1992 sera le début de son initiation en politique. Les deux étant des communicants exceptionnels. L’un capable d’haranguer les heures durant les étudiants. L’autre, pouvant faire des prêches de plus de  6h à l’église ou sur une estrade, tenant la foule en haleine.

Les évènements de l’université en 1994 avec l’affaire du recteur font de lui le responsable moral de fait. Car  leader estudiantin et taxé d’opposant. Il est exclu en Maîtrise lettres modernes alors qu’il préparait un mémoire  sur Sony Labou Tansy intitulé « Sexe, sang et pouvoir ».

L’histoire de ce Tycoon est à lui seul un roman. Mais son destin va prendre une autre tournure dès 2006, année où il devient député de Makokou et ministre délégué auprès du ministre des Transports et de l’Aviation civile, Pierre-Claver Maganga Moussavou, pour le compte du RPG de Mba Abessolo. Leur compagnonnage, vieux de plus de vingt ans, prend fin en 2010. Exclu du RPG pour avoir voté la confiance du premier ministre de l’époque Paul Biyoghe Mba. En 2011, il est « battu » par Izzozet Ngondet. L’année suivante, il est nommé  Porte-parole de la présidence puis, en 2015, il est ministre de la communication, porte-parole après avoir rejoint deux ans plus tôt, les rangs du PDG.

Jamais à cours d’initiatives, sa fidélité à Ali sera éprouvée en 2016, lors de la présidentielle. Il va porter le pouvoir en le défendant à l’intérieur comme à l’extérieur devant les opposants et les hiérarques du PDG ébahis. Il va « Doper » son poulain d’une victoire que certains  lui contestaient, y compris au sein même de son propre parti où certains vers, longtemps tapis dans le fruit, ont surgi.

Initiateur du Mogabo, une association de soutien à Ali Bongo, Alain Claude s’atteler à donner vie à la politique du chef de l’Etat en bute aux lourdeurs multiformes. après l’avc d’Ali, Bilié-By-Nze va avoir une attitude de retrait et de prudence face aux clans qui se disputent le contrôle du bord de mer. Ne reconnaissant en Brice Laccruche Alihanga un quelconque talent politique, leurs rapports,  jusqu’à sa chute, seront toujours en clair-obscur. Au sujet de l’Ajev, Bilié-By Nze confiera  à quelqu’un que « Ce sont des enfants qui jouent avec, entre leurs mains, le bouton nucléaire ». La suite des faits lui a donné raison.

Jeune et profondément inscrit dans l’innovation, ses passages dans les ministères à lui confiés ont toujours laissé place à l’innovation.  En 2016, c’est lui qui crée Gabon 24, redéfinit la RTG en Gabon première.  Il met en place  la redevance audio visuelle (RAC) qui donne du baume aux médias d’Etat.  A la culture, les artistes et écrivains avaient commencé à percevoir les droits d’auteurs. Des écrivains ont pu, grâce au ministre, voyagé aux frais de l’Etat, assister au Salon du livre de Paris et Génève. Aux affaires étrangères, il est à l’avant-garde de l’image du Gabon à l’étranger où il porte sa voix. Là aussi, des réformes sont en marche. Son implication dans la réélection d’Ali Bongo en 2016, n’a pas encore été suffisamment reconnue. Devant les atermoiements des nouveaux occupants du bord de mer, Bilié-By-Nze pourraient faire l’affaire.

Rose Christiane Ossoucka Raponda

A 56 ans, Rose Christiane Ossoucka Raponda a une trajectoire atypique. Et sa venue en politique, domaine aux antipodes de sa formation d’économiste étonne. Celle qui a les rênes de la grande muette a vu sa nomination le  30 janvier alors que son mandat de maire de Libreville venait de prendre fin comme une marque de confiance du chef de l’Etat.

Après sa formation à l’institut gabonais de l’économie et des finances nantie du diplôme d’administrateur de l’économie  et des finances, elle est nommée directrice générale de l’économie, puis directrice générale  de la banque de l’habitat du Gabon.

Dès 2012, elle sera membre du gouvernement Ndong Sima en tant que ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique. Deux ans après, Rose Christiane Ossoucka Raponda plonge pieds et points liés dans la  politique. Dans le 3ème arrondissement de Libreville, elle partagera la même liste des conseillers municipaux que Patience Dabany, un soutien de taille. C’est au contacte de la population et du terrain que cette femme d’influence et des réseaux, va s’affirmer. Assez taiseux, la parole choisie, timide, elle va se révéler être une véritable machine du discours politique au point de faire la fierté de ses deux marraines, Marie Madeleine Mborantsuo et Patience Dabany.

C’est donc sans surprise qu’elle sera choisie par le parti, le PDG, pour être  à la tête de la  mairie de Libreville le 7 février 2014 après les élections municipales. La  première femme à cette fonction.  A la mairie, l’édile va imprimer une gestion rigoureuse du personnel avec  des agents en sureffectif, hérités des édiles précédents. Elle va ainsi moderniser la gestion des ressources humaines. Elle sera également confrontée au problème de gestion des déchets qui polluent la ville.

Depuis sa nomination au ministère de la défense, les trouffions semblent apprécier cette femme à l’allure stricte et souvent altière. La longue convalescence du président Ali Bongo hors du Gabon n’a pas fait naître des idées de sédition. Les différentes nominations  des officiers  dans le haut commandement ont rassuré le chef de l’Etat et ses proches. Elle a le soutien de la première dame et surtout, la présidente de la cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo. Concernant les clans qui luttent pour le contrôle du bord de mer, Rose Christiane Ossoucka Raponda est plutôt en pôle position car très proche de ceux qui ont pris possession du palais aujourd’hui.

Le nom de Rose Christiane Ossoucka Raponda avait d’ailleurs été cité parmi les potentiels  premiers ministrables devant remplacer Issozet Ngondet. Sa nominaion ce mois ne serait alors qu’une confirmation.  Face à tous les dérapages financiers constatés dans la haute administration et les dans les sociétés parapublics, sa rigueur peut-être un atout. De plus, avoir une femme premier ministre ne sera pas cosmétique vue son back-ground.

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