Pourquoi les rumeurs tenaces d’enlèvements d’enfants ont mené à des lynchages ?

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les parents brandissant les photos de leurs enfants.

Des histoires de kidnapping circulent très régulièrement sur les réseaux sociaux jusqu’à déboucher, parfois, sur des violences physiques. Y a-t-il eu des enlèvements ou des tentatives d’enlèvement d’enfants à Libreville ou ailleurs au Gabon ?

Depuis le début de l’année 2020, les rubriques faits divers de la presse nationale rapportent la même histoire. Des rumeurs d’enlèvements d’enfants circulent sur les réseaux sociaux. La recrudescence de cette rumeur ces derniers jours a eu des conséquences bien réelles pour ceux que la vindicte désignait comme coupables. Plusieurs internautes, en commentaires, disent avoir été témoins directs d’enlèvements ou de tentatives d’enlèvements dans le quartier. Et d’évoquer des trafics d’organes derrière ces rapts. Les lieux et les cibles supposés varient, mais l’essence de la rumeur est analogue.

Depuis plusieurs jours, des informations fortement relayées par les réseaux sociaux font état de nombreux cas d’enlèvement d’enfants dont le dessein est de semer le trouble, la peur et de justifier une justice populaire en s’attaquant à des innocents.

Cette pratique aura coûté la vie ce 24 janvier à un compatriote, Stanislas MBA NGOUA, qui a eu le malheur d’être au mauvais endroit et au mauvais moment.

Plusieurs victimes de ces manipulateurs assassins dont Patrick EYEGHE se trouve actuellement au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville

Quelle que soit la réalité des faits, les vidéos et divers posts sur le sujet continuent de circuler massivement. Des avis de recherche d’enfants sont d’ailleurs partagés, accompagnés de consignes : “attention trafic d’enfants, ne laissez jamais vos enfants seuls.”

Le Gouvernement de la République condamne avec la plus grande énergie ces actes manipulatoires et déplore la perte de ce jeune compatriote. Pour tous ces cas, des enquêtes ont été ouvertes.

Le Gouvernement tient à préciser que du 1er janvier 2020 à ce jour, aucun service de Police ni de Gendarmerie n’a enregistré de plaintes pour enlèvement d’enfants, à l’exception de celle de la famille du jeune NGOUA ABAGHA Anderson Rinaldi, enregistrée à Bitam dans la province du Woleu-Ntem et dont les enquêtes sont en cours.

Face à cette psychose savamment entretenue, le Gouvernement annonce un déploiement conséquent des Forces de Sécurité et de Défense sur toute l’étendue du territoire national avec une plus grande concentration aux abords des établissements scolaires.

Des fouilles systématiques des véhicules seront effectuées par les Forces de l’ordre dans le respect des droits humains et des Conventions internationales.

Le Gouvernement rappelle par ailleurs que la propagation des fausses nouvelles via les réseaux sociaux ou tout autre moyen, qui trouble l’ordre public expose son ou leurs auteurs et complices à des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans, conformément aux dispositions de l’article 227, alinéa 1er du Code Pénal.

Le Gouvernement de la République appelle les uns et les autres au devoir de vigilance et de responsabilité.

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