Pour un changement de paradigme de la création artistique et de la culture.

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Un tableau de Nick Moussounda

Les pays d’Afrique Centrale font face au défi d’actualiser les principes de leurs interventions et leurs modes d’action publique dans le domaine de la culture, influencés en cela par de nombreux enjeux. Ainsi, le rôle et les capacités d’action des États sont prépondérantes, sur les territoires, tant locaux, régionaux que transnationaux, face à des problématiques qui dépassent de nos jours leur cadre traditionnel d’intervention.

La culture définit ce que nous sommes. Elle construit un langage commun et permet de sortir des assignations à résidence que créent les origines sociales. C’est pourquoi notre projet culturel doit être un projet d’émancipation, une réponse aux barrières invisibles que crée la société. En effet, certaines personnalités du monde culturel travaillent loin des projecteurs. Des femmes et des hommes s’engagement dans la vie culturelle gabonaise et contribuent activement à son développement.

Ces dernières années, l’activité culturelle et artistique s’est développée et un grand intérêt sur le marché de l’art se fait sentir. Aujourd’hui, c’est l’investissement qui compte, et on achète d’abord le nom de l’artiste sans vraiment choisir l’œuvre proprement dite. C’est toujours la qualité de l’œuvre qui prime.

On sait au Gabon, à quel point la culture souffre d’un manque de financement public, se tournant souvent vers le mécénat privé. En effet, le mécénat est important en grande partie pour les associations et les initiatives publiques. Dans l’art et la culture, ce sont souvent des passionnés qui dynamisent la vie artistique et culturelle. Toute coordination ou coopération avec le ministère de la Culture est très importante. Dans tous les pays, le ministère de la Culture soutient les expositions majeures et les artistes qui doivent représenter leurs pays en dehors du leur, alors qu’aux Etats-Unis ou même en Europe, le ministère de la Culture a le plus gros budget. Au Gabon, il n’y a quasiment aucun budget. Comment le Gabon et ses artistes peuvent-ils être représentés dans les évènements internationaux ? Il faut toutefois rappeler que le secteur culturel et artistique peut générer des recettes importantes pour le pays avec le tourisme culturel par exemple.

Le Gabon a toujours été, et demeure, une plateforme importante d’échange culturel et de créativité dans la région d’Afrique Centrale. Pour consolider la place de la culture gabonaise, il serait judicieux de dynamiser et multiplier les expositions, les publications, la production cinématographique, la production musicale, les représentations théâtrales. Le visage multiculturel et surtout la liberté de chaque artiste ont donné au Gabon sa spécificité en Afrique Centrale.

Les artistes, et surtout ceux de la jeune génération, sont confrontés aux évènements politiques et sécuritaires. Ils ne peuvent donc qu’être engagés vis-à-vis de la société et des problèmes politiques. Malheureusement, aujourd’hui le rêve a rétréci et il y a peu d’espace pour la légèreté dans un monde submergé par la gravité. Les médias ont une part vitale dans la diffusion de l’information et de la pensée.

La création artistique et la culture sont véritablement les grands atouts du Gabon. Nous devrions en prendre conscience. C’est la qualité de la production artistique et la qualité humaine des artistes qui doivent guidés nos politiques culturelles.

L’Etat doit impulser une nouvelle politique culturelle. Son rôle, intimement associé à celui des collectivités locales, est déterminant pour retisser les liens que nous voyons se rompre jour après jour.

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