Gabon/Braconniers et trafiquants d’ivoire aux arrêts à Booué.

Deux trafiquants d’ivoire de nationalité malienne ont été pris en flagrant délit de détention et commercialisation de défenses d’éléphants à Booué le 17 janvier dernier. Un sacrilège dans un pays engagé dans la lutte contre le braconnage et le trafic de l’ivoire. 

Une équipe composée d’agents de la Police Judiciaire de l’antenne de Makokou et des agents des Eaux et Forêts ainsi que de juristes de l’ONG Conservation Justice a réussi à mettre la main sur deux trafiquants maliens dont les identités ont été rapidement révélées. Il s’agit de Waghe Mamadou et Djime Djouwara.

Les deux trafiquants ont été pris en possession de deux (02) pointes d’ivoire sectionnées en quatre (04) morceaux. Ils avaient alors déballé leur marchandise en vue de faire mesurer sa valeur à un client qui allait arriver.

Si Waghe Mamadou et Djime Djouwara ont rapidement été identifiés comme demarcheurs et vendeurs, il restait à élucider l’énigme de l’origine des défenses saisies.

Au cours d’un interrogatoire à chaud, le nommé WAGHE Mamadou va citer le nommé KOUNGOUE Nicaise de nationalité Gabonaise, comme étant le propriétaire des ivoires.

C’est finalement le 18 janvier 2018 à 13h que le nommé KOUNGOUE Nicaise a été arrêté. Une mauvaise surprise pour un homme qui attendait alors de recevoir l’argent qui découlerait de la commercialisation des dites ivoire.

Ainsi donc les trois hommes ont été conduits au poste de la Police judiciaire de Makokou, où ils ont été placés en garde à vue en attendant d’être entendu sur Procès-verbal de constatation d’infraction et déférés au Parquet du tribunal de Makokou.

La province de l’Ogooué- ivindo est devenue depuis un certain temps le repère d’un réseau des trafiquants qui ont décidé de massacrer le patrimoine faunique au mépris de la loi. Le célèbre trafiquant Abdoulaye Mohamoud Ibrahim, également actif dans l’Ogooué-Ivindo, a été arrêté récemment par les autorités dans le cadre de l’opération « Nzok ». Il reste à espérer que les éléphants seront davantage en sûreté, même si la législation reste peu dissuasive. Comme l’explique le documentaire de Gabon 24 sur cette opération Nzok, des réseaux de trafiquants organisés et qui développent toute forme de criminalité opèrent au Gabon et se financent avec l’ivoire des éléphants.

 

L’éléphant est ainsi devenu une espèce menacée et quitte les profondeurs de la forêt où il est massacré pour se retrouver souvent plus proche des villages, ce qui crée d’autres conflits. L’éléphant est donc intégralement protégé conformément aux dispositions du décret 164/PR/MEF du 19 janvier 2011 relatif au classement et aux latitudes d’abattage.

Thierry Mebale Ekouaghe

Directeur de publication, membre de l'UPF (Union de la Presse Francophone) section Gabon, Consultant en Stratégie de Communication, Analyste de la vie politique et sociale, Facilitateur des crises.

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