Donald Trump en route vers un second mandat.

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Donald Trump, le président des Etats-Unis.

C’est l’épilogue du feuilleton qui traverse la politique américaine depuis plusieurs mois. Le président américain, Donald Trump, a été acquitté par le Sénat, mercredi 5 février, lors du procès en destitution initié en décembre 2019 par la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Il restera bel et bien en fonction jusqu’à la fin de son mandat. Donald Trump était jugé pour abus de pouvoir et entrave à l’action du Congrès. Les démocrates ne sont donc pas parvenus à convaincre assez de sénateurs républicains de convoquer des témoins capitaux pour l’accusation, permettant au président américain de bénéficier d’un verdict rapide et favorable.

Depuis le début de la procédure de destitution, lancée par la Chambre des représentants en septembre dernier, l’issue n’a jamais fait aucun doute. La majorité des deux tiers des cent sénateurs, requise par la Constitution pour démettre de ses fonctions le président, n’a jamais eu l’ombre d’une chance d’être rassemblée. Les démocrates, qui ne comptent que 47 sièges, n’ont même pas réussi à obtenir la majorité simple qui aurait pu leur faire obtenir la convocation de témoins supplémentaires, comme ils le souhaitaient.

En effet, lors d’un vote solennel, le Sénat a estimé, par 52 voix sur 100, que M. Trump, 45e président de l’histoire des Etats Unis, ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir. Par 53 voix sur 100, il a également estimé qu’il ne s’était pas rendu coupable d’entrave à la bonne marche du Congrès.

Le suspense était quasi nul : la Constitution des Etats-Unis impose une majorité des deux tiers (67 sièges sur 100) pour le déclarer coupable et le milliardaire savait pouvoir compter sur le soutien sans faille de 52 des 53 sénateurs républicains. Le seul qui est sorti du rang est Mitt Romney. L’ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2012 a voté « oui » à la question de savoir si le locataire de la Maison Blanche s’était rendu coupable d’abus de pouvoir. Trois sénateurs républicains modérés avaient par ailleurs dénoncé la conduite du président mais estimé qu’elle ne méritait pas une destitution.

L’opposition réclamait la destitution du président américain pour avoir essayé de forcer l’Ukraine à salir son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre. Depuis que le scandale a éclaté, M. Trump se dit victime d’une chasse aux sorcières orchestrée par ses adversaires démocrates, qui n’auraient pas digéré sa victoire surprise de 2016.

Au-delà de Washington, le procès a divisé autant les Américains que leurs élus : 85 % des électeurs démocrates soutenaient la destitution du président, moins de 10 % des républicains étaient pour, et la moyenne s’établissait légèrement en dessous de 50 %.

L’impact de ce vote sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les démocrates-qui-ne-font-rien. Eux estiment avoir démontré pendant le procès qu’il plaçait ses intérêts au-dessus de ceux du pays.

Le Maison Blanche s’est réjoui de l’acquittement de Donald Trump, jugeant qu’il était pleinement innocenté et dénonçant une nouvelle fois une chasse aux sorcières orchestrée par ses adversaires démocrates.

Donald Trump reste une menace pour la démocratie américaine, a en revanche réagi la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Le président et les républicains du Sénat ont banalisé le non-respect de la loi.

La stratégie semble en tout cas avoir, au moins en partie, porté ses fruits. Donald Trump traverse une période plutôt porteuse pour lui : selon le dernier sondage de l’institut Gallup, il enregistre 49 % d’opinions favorables, un record depuis son arrivée au pouvoir.

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